Viens donc signer un ptit NDA à la maison !

Par 09 novembre 2010

Jeudi, des amis viennent diner à la maison. 18h30, tour chez Picard, gougères, potage lentilles, Saint Jacques pêchées en France, sauce citron, éclairs au chocolat. Descente chez mon fromager, pâtes dures, pâtes molles, détour par mon caviste. Tout le monde s'attelle au déballage, les enfants tentent de mettre les assiettes. Il est 19h30, ça sonne, et que j'ouvre la première porte, et que je te rappelle le code de la deuxième, avec l'étage et la porte.

Faut toujours rappeler, l'étage et la porte. La bise ! On enlève les chaussures, faut pas faire entrer la ville un univers ou les boudchoux sont susceptibles de ramper parce que c'est drôle. On débouche et dévisse les bouteilles, on verse. On prend des nouvelles, on discute du boulot. Ça va en ce moment ? On discute de son patron, de ses collègues, du dernier Houellebecq qui a gagné le concours, c'est dommage, on ne l'a justement pas lu, La Carte et le territoire, il fallait qu'il gagne un prix sur celui-là. Un bon moment, il est 23h30, il est temps de finir les tisanes « Douce Nuit », parce que l'on est plus tout jeune, parce que demain, il faudra mettre en place la logistique familiale, convaincre les enfants de s'habiller, les convaincre d'aller à l’école alors qu'on n’est même pas sur de ses bienfaits mais que de toute façon, le tour du monde en bateau, c'est tellement année 70, se convaincre de mettre en route la logistique familiale. On range, on lance le lave-vaisselle...

On se couche ? Non, petit coup d’œil involontaire donc pavlovien vers son iPhone, sur l'application facebook qui y a germé. Sacré lui, il a bien ri chez nous, il nous embrasse, nous a tagué en photos, il dit aussi combien on a bavé sur notre entreprise, combien l'on a balancé sur nos collègues et patrons, que cela ne doit pas être facile de bosser avec eux, que oui, on mérite mieux que notre salaire dont il divulgue le montant, parce qu'après tout, on ne va pas se cacher cela entre amis. Il n'aurait pas du. Il n'aurait pas du faire entrer son patron et ses collègues dans son réseau, il aurait du penser que le degré de séparation entre notre chef et le sien n'était pas si énorme que cela. Plus une fissure dans le muret que le grand canyon. Il ne fallait pas l'inviter. Maintenant, quand j'invite des amis, je leur fait signer un NDA (*), ça les calme tout de suite. Et de toute façon, je ne dis plus rien de méchant sur qui que ce soit. On ne sait jamais qui ira le répéter. "Tu quoque, Brute, fili mi".

(*) NDA (non disclosure agreement), document que l’on fait signer aux USA et dans les grands groupes pour s’assurer que les visiteurs et journalistes ne publieront aucune information ou donnée relative à une visite et à une conversation.

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