VIH : le logiciel prescrit selon les besoins du patient

Par 13 août 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Afin d'optimiser l'adaptation des traitements aux évolutions du virus, le système de gestion informatique EuResist sera capable de prévoir l'efficacité des thérapies anti-rétrovirales.

A défaut de vaccin, il existe aujourd'hui des traitements anti-rétroviraux pour prendre en charge les personnes atteintes du VIH. Problème : la capacité du virus à développer des résistances face à la thérapie est telle que le "cocktail" de médicaments du patient doit être régulièrement adapté pour continuer à être efficace. Des chercheurs participant au projet européen EuResist ont développé un système de gestion informatique des thérapies anti-rétrovirales. Il s'agit d'un logiciel capable de prédire la réaction des patients à leur traitement en fonction de la combinaison de médicaments qui leur est administrée. EuResist souhaite mettre l'outil en ligne sur un site dédié afin que les chercheurs et médecins du monde entier puissent en bénéficier.
Un logiciel fiable à 76 %
Au contraire des systèmes prédictifs déjà existants qui calculent les effets des médicaments séparément les uns des autres, le logiciel d'EuResist peut prendre en compte un très grand nombre de combinaisons, ce qui devrait permettre de rendre les traitements plus efficaces et pourrait prolonger la vie des malades. Ou du moins améliorer leurs conditions de vie. Des tests ont permis d'établir que le logiciel était fiable à 76 %, soit un taux supérieur aux outils existants. Il repose sur un calcul de probabilité incluant divers paramètres : quantification de la charge virale, définition du génotype viral, évolution de l'état de santé du patient après huit semaines de traitement, mais aussi mode de transmission de la maladie, sexe du patient, etc.
Une immense base de données en ligne
Pour élaborer le logiciel, les chercheurs d'EuResist ont dû rassembler une immense base de données relatives au VIH. "Il s'agit probablement de la plus grosse base de donnée de ce type au monde", déclare Fransesca Incardona, coordinatrice du projet. Elle couvre en effet plus de dix-sept mille patients ainsi que soixante-quatre mille thérapies et devrait être mise en ligne. L'université de Sienne en Italie, l'Institut Karolinska en Suède et l'institut Max Planck en Allemagne ont participé au projet. EuResist a bénéficié du soutien financier du sixième programme cadre pour la recherche et le développement technologique de l'Union Européenne.

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