VirginMega défend la musique sans DRM

Par 20 octobre 2006
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Le débat sur la légitimité des DRM (Digital Rights Management) prend une nouvelle ampleur. Après Yahoo! Music qui a proposé l'album de Jesse McCartney sans verrou numérique, c'est au tour de...

Le débat sur la légitimité des DRM (Digital Rights Management) prend une nouvelle ampleur. Après Yahoo! Music qui a proposé l'album de Jesse McCartney sans verrou numérique, c'est au tour de VirginMega de se lancer dans l'arène. A l'occasion d'un entretien accordé à l'agence Reuters, Laurent Fiscal, directeur marketing produits de VirginMega a annoncé souhaiter ouvrir le débat sur la vente de titres sans protection dans le but d'élargir le marché.
 
Pour le directeur marketing du deuxième site de vente en ligne de musique en France, qui revendique 27 % du marché, "les DRM sont un frein énorme au développement du marché de la musique en ligne car, suivant le standard de votre baladeur, vous pourrez ou non accéder à tel ou tel site légal, cela créé de la frustration".
 
Une frustration partagée par les internautes mais aussi par les professionnels : en 2004, VirginMega avait porté plainte contre Apple pour incompatibilité de l'iPod avec son service.
 
D'autant que si la loi DADVSI légalise les DRM, elle impose également l'interopérabilité, qui suppose la liberté pour un consommateur de lire une œuvre sur le support de son choix. Or, selon M. Fiscal, "les opérateurs informatiques se dirigent vers de moins en moins d'interopérabilité, comme Apple avec son iTunes ou Microsoft avec Zune".
 
Un autre argument vient déstabiliser la grande puissance des verrous numériques : en restreignant l'intéropérabilité, les industriels n'encouragent pas les utilisateurs à télécharger légalement des titres qu'ils peuvent trouver gratuitement sur des plates-formes de téléchargement illégal. A ce sujet, Laurent Fiscal ajoute vouloir "tester un marché sans DRM [...] pour faciliter la vie aux 2% de consommateurs qui font l'effort d'acheter de la musique légalement et élargir le marché à ceux qui ne le font pas".
 
Les majors et les autres acteurs du secteur ne sont pas favorables à cette mesure. En effet, la majeure partie reste persuadée qu'une levée du DRM encouragerait la diffusion illégale des morceaux. Pourtant, les nombreuses plates-formes qui fleurissent sur la Toile et qui proposent des titres sans verrou, à l'instar d'eMusic qui vient de totaliser 2 millions de téléchargements, montrent l'attente importante des consommateurs dans ce domaine.
 
Malgré tout, quelques grands fournisseurs de musique réagissent. Ainsi, VirginMega devrait, selon Ratiatum, proposer un premier morceau sans DRM ce week-end. Et la Fnac vient de lancer le téléchargement de deux chansons d'Aaron tirées de la BO du film "Je vais bien ne t'en fais pas" payant mais sans DRM. Les choses seraient-elles en train de changer ?
 

 
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 20/10/2006)

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