Le virus est le message et le messager

Par 16 février 2009
Mots-clés : Europe

Imaginez. Votre ordinateur envoie par courriel des fichiers à une autre machine. Cette machine est derrière un pare-feu d'entreprise (firewall). L'administrateur de cette société a décidé que vos fichiers PowerPoint ne passeraient pas la frontière : ils sont non-conformes à la politique de sécurité. Pour que vos documents passent, le serveur de messagerie envoie simultanément au courrier électronique des commandes qui permettent de désactiver le pare-feu. Vous avez dit virus ? Non, le code de contournement n'implique pas de réplication de lui-même puis de propagation à d'autres ordinateurs que celui du destinataire. C'est en fait le PowerPoint lui-même qui prendre du poids jusqu'à casser votre disque dur. C'est le PowerPoint le virus ? En fait non, c'est bien le code, mais il y a longtemps. Voilà en analogie informatique ce que la guêpe de la famille des braconides - ça a le mérite d'être clair - fait avec les chenilles.

D'après l'équipe de l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (CNRS/Université François-Rabelais Tours), ces gentils insectes volants se servent en effet du pré-papillon comme d'un garde-manger ambulant pour leurs larves. Comme la chenille a un système immunitaire plutôt coriace, elle injecte en plus de ses œufs des protéines qui rendent les défenses du tortillard inopérantes. On croyait que les protéines injectées n'étaient pas virales. En fait, si. Mais d'un virus "capturé" par un ancêtre commun de la guêpe, et dont les gènes ont été intégrés à celui de ce lointain hyménoptère. Une conclusion ? Euh non, pas vraiment. Pourquoi cela m'intéresse ? Parce que je voulais être Jean-Henri Fabre quand j'étais petit.

(*) En collaboration avec un laboratoire de l'université de Berne et le Genoscope d'Evry.

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