Le visage devient un identifiant numérique

Par 05 mai 2008 1 commentaire

Le logiciel URxD est capable de retranscrire la structure 3D d'un visage en une image en deux dimensions. Une technique qui pourrait mettre l'identification biométrique à portée de tous.

Les codes secrets et autres mots de passe seront bientôt obsolètes : l'avenir de la protection des données personnelles et de l'identification passe par la reconnaissance faciale. Cette signature biométrique est pour l'heure fastidieuse à relever. Mais des chercheurs du département d'informatique biomédicale de l'université de Houston (Texas) se sont engagés à la simplifier. Ces derniers ont en effet mis au point un protocole d'authentification faciale nommé URxD (pour your xdentity) qui se veut "aussi aisé que la prise d'une photographie". Appliqué concrètement, le système permet de photographier en 3D le visage d'un individu et d'intégrer ses caractéristiques dans une base de données. Ceci fait, URxD est capable de reconnaître le sujet visé, et de le distinguer des autres individus inscrits sur sa base. Au cœur de ce projet se trouve une solution logicielle intégrant un algorithme pouvant retranscrire les caractéristiques tridimensionnelles d'un visage en un modèle 2D, plus facilement exploitable.
Identification multimodale
"Nous pensons qu'une unique modalité ne peut mener à une reconnaissance biométrique exacte à 100 %", explique à L'Atelier le professeur Kakadiaris qui mène les travaux. Et d'ajouter : "les données en 3D capturées par les scanners spécialisés sont complexes, comportent des vides et ne sont pas compatibles entre les différents appareils. URxD applique un algorithme de prétraitement qui vient rectifier cela". Le protocole ainsi développé s'appuie sur un modèle facial en 2D dit "déformé". Celui-ci est généré par l'algorithme à partir de la capture 3D de la face réalisée préalablement grâce à un scanner optique tridimensionnel. Toutes les caractéristiques géométriques du visage de l'individu visé y sont recensées sur un mode de compression à base d'ondelette - décomposition d'une image en plusieurs sous ensembles de résolution inférieure. L'application de coefficients spécifiques à ces données en deux dimensions permet enfin d'établir une base de comparaison autorisant notamment des recoupements entre individus.
Flexibilité dans l'usage
Au final, le processus de capture du visage s'effectue sur un mode tridimensionnel tandis que l'identification en elle-même fait appel au format 2D. Un principe de fonctionnement qui rend le logiciel URxD plus flexible, selon les chercheurs. Il fonctionnerait en effet avec tous les types de capteurs capables de fournir une image 3D "avec une résolution correcte". "Des capteurs infrarouges peuvent par exemple être utilisés pour identifier une barbe, des lunettes ou d'autres accessoires qui ne sont donc pas pris en compte dans le processus de comparaison", ajoute Ioannis Kakadiaris. Outre l'authentification, cette innovation peut également s'appliquer dans le domaine médical, en chirurgie esthétique par exemple. Les chercheurs ont en effet démontré qu'URxD peut être appliqué à une partie spécifique du corps telle que l'oreille. Soit un moyen de détecter d'infimes modifications de l'aspect de celle-ci. Les concepteurs et investisseurs du projet cherchent actuellement à établir des partenariats avec l'industrie afin de pouvoir commercialiser leur solution.

L'animal électronique est un identifiant biométrique

Les jours du code PIN sont bel et bien comptés. Ce mot de passe personnel bien connu du grand public mais dont la sécurité a ses limites pourrait à terme être remplacé par nos caractéristiques biométriques telles que la voix ou encore la démarche. Une approche de la sécurisation pouvant se concrétiser par un système original "d'animal électronique", selon des chercheurs britanniques.

Sorte de "Tamagochi" à l'intérêt pratique, ces objets seraient capables de reconnaître certaines caractéristiques de leur porteur, permettant ainsi l'identification de ce dernier. "Au lieu que la signature biométrique d'un individu soit stockée sur une base de données distante, celle-ci résiderait dans un simple gadget portatif", explique Pamela Briggs, psychologue et chercheuse en informatique l'université de Northumbria.

Un modèle qui, s'il peut paraître farfelue, est technologiquement réalisable. Des accéléromètres pourraient détecter la démarche tandis qu'un logiciel de reconnaissance vocale se chargerait d'analyser l'empreinte vocale. Et Patrick Olivier de l'université de Newcastle d'ajouter : "le problème principal serait la durée de vie des batteries".

A noter : ce concept de petits animaux de compagnies s'inspire du l'oeuvre fantaisiste "His Dark Materials books" signée par Philip Pullman et dans laquelle les protagonistes sont accompagnés d'animaux étant des "représentations physiques de leur âme".

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1 Commentaire

Salut
thème de recherche: Reconnaissance de visages 3D
1ère année thèse
merci

Soumis par said (non vérifié) - le 11 juin 2008 à 14h32

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