La voiture sans chauffeur est pour bientôt

Par 06 octobre 2006
Mots-clés : Smart city, Europe

La voiture du futur? On l'imagine en suspension, à air compressé, avec un robot co-pilote, rétractable... et sans chauffeur. Si les premières options sont encore...

La voiture du futur? On l'imagine en suspension, à air compressé, avec un robot co-pilote, rétractable... et sans chauffeur. Si les premières options sont encore improbables -quoique la voiture rétractable commence à devenir réalité!- la voiture sans chauffeur, elle, est pour bientôt. Futurs ex-conducteurs, préparez vous à vous reposer pendant vos trajets !
 
Depuis le début des années 90, CityMobil, un projet européen qui réunit 10 pays et 28 partenaires, travaille à mettre au point une voiture totalement automatisée. Parmi les participants, la France, avec la RATP et l'INRIA. Et ce qui n'a longtemps été qu'un projet de recherche s'apprête à se concrétiser: d'ici 2008, l'aéroport d'Heathrow, en Angleterre, devrait déployer 18 véhicules tests. Il en sera de même en Espagne à Castellón et à Rome au centre d'exposition. Pour le moment, les véhicules seront testés sur des petits trajets dans les centres commerciaux ou dans les aéroports et autres infrastructures publiques. Mais à terme, ces autos devraient être accessibles à tous.

Le projet CityMobil sera déployé d'ici 2008(cliquez pour agrandir)
D'autres travaux de même type existaient déjà, comme CyberMove, le projet initié par l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) et par 15 autres partenaires européens. Son objectif, concevoir un véhicule du futur disponible à toute heure, s'est réalisé en 2004, avec les Cybercars, des véhicules automatisés, non polluants et silencieux. Ceux-ci, grâce à un système de capteurs, de traitement d'images et de logiciels, ces automobiles sont sans chauffeur. Pendant une dizaine de jours, un prototype de navette, le Parkshuttle, a été testé à Antibes.

Le but de CyberCars est de déployer des automobiles automatisées et partagées afin de limiter le nombre de véhicules(cliquez pour agrandir) 
Techniquement, il semble donc que ce type de véhicule ne relève pas du défi. Pourtant sa démocratisation pourrait ne pas être simple. Pourquoi? Parce que le principal obstacle n'est pas technologique mais humain. Selon Jan P. van Dijke, coordinateur du projet CityMobil, la question qui préoccupe les gens est: "s'il n'y a pas de conducteur, qui est responsable en cas problème?". Il est certain que l'expectative de rues pleines de voitures sans conducteur, sans moyen à première vue de les contrôler en cas d'incident, est assez effrayante... Des systèmes de protection ainsi qu'une politique d'information du public doit, de toute évidence, être mise en place. M. van Dijke estime qu' "à terme, nous devrons changer la loi, la perception du public et celle des autorités".
 
Passés les rêves d'enfants de voitures gadgets, ces autos automatisées, non-polluantes, pourraient être très utiles. Thierry Chanard, de la société GEA, qui a participé au projet CyberMove, notait en 2004 lors d'un essai à Antibes Juan les Pins, qu' "aujourd'hui dans les villes on a sacrifié le domaine public à la voiture; maintenant on est dans le mur et on doit réagir pour des questions environnementales et de santé publique". Un monde sans conduite risque d'en décevoir plus d'un...
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 06/10/2006)

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