La voiture sans conducteur ne se déplace qu'en groupe

Par 15 avril 2010
Mots-clés : Digital Working

Le projet Sartre travaille sur un système de navigation automatique qui organisera les véhicules en convois dirigés par un véhicule meneur. Une fois reliés au réseau, les utilisateurs pourront abandonner leur volant.

Mettre au point une voiture capable de se déplacer sans conducteur ne requiert pas forcément de technologies coûteuses : le projet Sartre* travaille ainsi sur un système de navigation automatique qui n'impliquera pas d'interventions sur l'infrastructure des réseaux routiers et minimisera celles sur le véhicule. Le système consistera en fait à organiser des voitures en convois de six à huit unités (bus, automobiles, camions) lors de trajets comme ceux effectués sur autoroute. Et de laisser le contrôle entier à un véhicule meneur. Techniquement, de tels véhicules dits "leaders" seront en circulation permanente sur les routes. Ils seront reliés à un serveur distant qui gérera leur localisation. Quant aux voitures des particuliers, elles embarqueront une interface homme machine reliée à ce même serveur, ainsi qu'un dispositif de pilotage automatique et une interface de communication V2V (Vehicule to Vehicule).
Se déconnecter du convoi
Quand il voudra trouver un convoi, un conducteur devra interroger la base de données pour savoir lesquels sont à proximité et comment les rejoindre. Il pourra alors se rallier à un réseau, c'est-à-dire à la fois au véhicule qui le précède et à celui qui mène le train routier. "Chaque véhicule pourra ainsi coordonner ses mouvements par rapport aux autres", précise à L’Atelier.fr Eric Chan, l’ingénieur du projet. Cela notamment grâce à des réseaux de capteurs qui seront installés à l'extérieur des automobiles pour identifier leur position sur la route et par rapport aux autres véhicules. Il sera alors possible de passer en pilotage automatique. A noter : les détails concernant l'interface de communication ne sont pas encore connus. "Cela est en cours de décision", explique Eric Chan. Lorsqu'une voiture aura atteint sa destination finale, elle pourra se déconnecter du système et quitter le convoi.
Réduire la consommation d’essence de 20%
Les autres véhicules du train routier n’auront qu’à combler ce vide et poursuivre leur chemin. Selon les responsables du projet, celui-ci n'exigera également l'insertion d'aucune technologie innovante. "L’axe de recherche a été mis sur le développement et l’adaptation de matériels déjà existant", explique Erik Coelingh, directeur technique de Volvo et qui participe à Sartre. Il devrait aussi avoir un impact écologique, en réduisant la consommation d'essence : au sein d’un convoi, les voitures, très proches les unes des autres, exploiteront au maximum l’effet d’aspiration et de réduction de la traînée aérodynamique. La baisse de consommation pourrait se situer autour des 20 %, si l'on en croit les porteurs du projet. Celui-ci est piloté par l’entreprise britannique Ricardo et co-financé par la commission européenne. Les premiers prototypes équipés de cette technologie seront testés dès 2011.

*pour Safe Road Trains for the Environment

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