La voix, future grande gagnante de la convergence digitale

Par 17 mars 2006 2 commentaires

Interview de Jean-Erick Forge, entrepreneur français aux Etats-Unis, vice-président de Reverbix. L'Atelier : On parle beaucoup de convergence digitale, et depuis de nombreuses années. Mais de...

Interview de Jean-Erick Forge, entrepreneur français aux Etats-Unis, vice-président de Reverbix.
 
L'Atelier : On parle beaucoup de convergence digitale, et depuis de nombreuses années. Mais de quoi parle-t-on au fond ?
 
Jean-Erick Forge : On parle en fait d’une série d’évolutions qui font que nous allons pouvoir accéder partout à l’ensemble de nos données numériques. Ce mouvement de fond est très largement entamé, selon un processus assez simple à décrire.
 
Jean-Erik forge, Vice-President Business Development chez Reverbix
 
Tout d’abord, l’ordinateur à l’origine mono tâche, est devenu adaptable. Aujourd’hui, on peut presque tout faire avec un ordinateur, dès lors que les données sont numérisées ou numériques. Stocker et traiter des textes, des images, des sons, des vidéos, les publier, les envoyer….
 
Puis, l’ordinateur est devenu transportable. Et il ne faut pas penser ici qu’à l’acception restreinte du terme ordinateur. Nos téléphones mobiles, nos PDA, nos baladeurs numériques sont autant de formes différentes d’un ordinateur. Certains vont donc appeler leur appareil « qui se connecte » un ordinateur, d’autre un téléphone mobile, d’autres encore un PDA ou une télévision portable. Mais au fond, on parle plus ou moins de la même chose. En ce sens, la convergence est déjà là !
 
Ensuite, ou parallèlement, il est devenu connectable. On a de plus en plus coupé les fils qui nous reliaient au réseau, pour nous permettre un accès simple et bientôt permanent à un réseau. Que ce soit via bluetooth ou infrarouge, via le réseau de téléphonie mobile, via WiFi ou WiMax, il nous est de plus en plus facile de nous connecter, via « l’ordinateur », quel qu’il soit. Evidemment, il y a encore des progrès à faire en ce domaine, mais le chemin est tracé.
 
Enfin, cet ordinateur est devenu jetable. Les appareils sont de moins en moins chers, et de plus en plus puissants. Notamment les téléphones mobiles, mais aussi les futurs ordinateurs portables à bas prix à destination des pays émergents. Dans un avenir proche, nous seront donc tous équipés et connectés.
 
L’Atelier : Si cet ordinateur protéiforme est en train d’arriver, comment accéderons nous à nos donnés ? Par le clavier (mais quel clavier pour une télévision ou un baladeur numérique) ? Autrement ?
 
Jean-Erick Forge : En fait, je pense que nous accéderons à nos données par la voix. L’ordinateur, au sens large du terme, est aujourd’hui omniprésent (et il le sera de plus en plus), connecté de façon permanente (notre téléphone est toujours prêt à sonner, ou a recevoir des données), et évidemment communicant (il reçoit et il envoie des données). Il ne lui manque plus que la voix ! Et surtout, la reconnaissance vocale. On passera alors du monde de l’information à ce que j’appelle le monde de la « sémantication ». Mes paroles vont créer des actions.
 
Quand on y pense, la voix est le seul dispositif gratuit, qui ne prend pas de place et que j’ai toujours sur moi. Finalement, on ne se préoccupera plus de savoir où se trouve la machine, et quelle « forme » elle a. In fine, le seul « matériel » dont on aura peut-être besoin sera un micro et une oreillette, comme on en voit déjà fleurir dans la rue. Et encore !
 
La reconnaissance vocale existe déjà et ce n’est pas une nouveauté technique majeure que j’annonce, même si de nombreux progrès sont encore à faire. Une entreprise comme Microsoft a d’ailleurs bien compris l’enjeu et investit énormément sur le sujet. Il faudra également créer de nouveaux modèles économiques, ce qui n’est pas trivial aujourd’hui. Mais cela me semble être le sens de l’histoire actuelle.
 
L’Atelier : Mais alors, quel est l’avenir de l’ordinateur tel que nous le connaissons, avec écran, clavier… ?
 
Jean-Erick Forge : Le futur de l’ordinateur, c’est sa disparition totale et sa dématérialisation complète. Il y aura des milliers (millions ?) de serveurs sur lesquels seront stockées toutes nos données. Et un moyen simple d’y accéder : notre voix. Peut-être par le moyen d’un micro et d’une oreillette. Mais, dés lors que nous vivrons dans un monde connecté partout et en permanence, cela ne nous posera aucune difficulté !
 
Quant à la sécurité, qui reste un des points clé du sujet, elle sera en partie assurée par le fait que je suis le seul à posséder ma voix... La signature vocale est promise à un bel avenir. Associé à d’autres dispositifs, du type « login-password » ou autre, cela devrait nous assurer un bon niveau de sécurité. Reste évidemment l’épineux problème de la confidentialité des données stockées. Mais là encore, ce n’est pas un problème nouveau : il existe aujourd’hui et il devra de toute façon être traité, à défaut d’être jamais complètement résolu.
 
Quand on y réfléchit, tout ceci n’est pas de la science-fiction : toutes les technologies sont présentes, à un stade relativement avancé de maturité et de convergence. Les serveurs sont là, la connexion est de plus en plus présente partout et à des débits de plus en plus élevés. Ce n’est donc probablement qu’une question de décennie, guère plus.
 
 
Jean-Erick Forge a vingt-cinq ans d’expérience dans la création, la gestion et la réorganisation d’entreprises de haute technologie. Installé aux Etats-Unis depuis de nombreuses années, il a été fondateur et PDG de plusieurs sociétés, dans des domaines variés allant de l’intelligence artificielle au développement de systèmes de publicité sur Internet ou de systèmes d’informatique médicale. Il est l’inventeur du terme français « progiciel ». Il est aujourd’hui Vice President Business Development pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de Reverbix. Jean-Erick est diplômé d’HEC et est docteur en gestion.

Reverbix est une jeune société américaine, basée prés de San Francisco. Elle propose aux opérateurs, fabricants ou revendeurs de téléphones mobiles des services personnalisés qui intègrent la parole, la vidéo et les données. Son ambition est d’aider les utilisateurs à transformer leur téléphone mobile en véritable « portail de notre monde numérique ».

Propos recueillis par Dominique Piotet
A San Francisco pour l’Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 17/03/2006)

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2 Commentaires

Toujours en vie, l'ami Jef ? De mon côté, 71 balais le 31 de ce mois, et artiste numérique à plein temps ! Pierre

Soumis par Pierre Berger (non vérifié) - le 26 août 2009 à 17h43

nous recherchons adresse email de mr jean eric bernard forge

Soumis par fadiga amara (non vérifié) - le 26 avril 2010 à 22h30

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