Les Voyages de Jean-Michel Billaut

Par 22 avril 2002

Seattle 6 heures (du matin). Voilà. La 5ème Global Leaders Conference a fermé ses portes ...

Les Français parlent aux Français (4 et dernier) Jeudi 18 avril 2002 – Seattle 6 heures (du matin). Voilà. La 5ème Global Leaders Conference a fermé ses portes hier soir par un discours toujours enflammé et sympathique de Monsieur Bill Gates. Mais revenons sur les points principaux de cette dernière journée, aussi intéressante que la précédente avec des présentations de très hauts niveaux. Très intéressant discours du docteur Jason Yap de Singapour, qui nous a expliqué Singapore HealthCare. Ils n’ont pas de carte Vitale, mais ce qu’ils ont fait est assez remarquable. Ils ont démonté l’ensemble du processus médical traditionnel (impressionnant de complexité) et l’ont mis on line. Le Président du Mexique Vincente Fox est intervenu de Mexico en visioconférence. Stratégie ambitieuse pour le pays avec le «National e-Mexico system». On retiendra eStat (système de déclaration d’impôts on line), et IMSS pour les retraités (paiement on line des retraites, etc…) La Croatie : on n’en est pas revenu. Ce pays qui était encore il y a quelques mois dans la tourmente a mis sur pied un système de gestion interne de son gouvernement. Figurez-vous que les membres de leur Conseil des Ministres, travaillent en réunion avec chacun un écran plat tactile devant les yeux (et une carte à mémoire avec lecteur pour se faire identifier). Mahlen Mauer, responsable du développement Internet, nous a montré des photos de son Gouvernement avec les Ministres travaillant entre eux, chacun devant son écran. Ils ont accès à l’agenda de la réunion, à tous les documents, etc…Il n’y a naturellement pas que cela : la Croatie met en place un portail gouvernemental. Tourisme en Espagne. Application remarquable présentée par le responsable du secrétariat au Tourisme : Juan Jose Guemes. Tout y est ou a peu prés. Notamment, tout ce qui permet aux professionnels du tourisme espagnol d’être convenablement informés, et surtout d’amorcer du business entre eux sur le portail de l’administration. Le gouvernement américain met le turbo. Je n’ai guère le temps de présenter ce que nous a dit le responsable Mark Forman. Mark nous a présenté un plan d’ensemble complet de la réforme du Gouvernement, des Agences, de leurs relations entre elles, des relations entre Administration et citoyens, et entreprises. Très impressionnant. Présentation du système du e-procurement du Panama. Le gouvernement de la République Panaméenne a mis en place un système complet d’achat et de supply chain qui sera complètement terminé en 2004. Alvin Gamboa, Controleur Général nous a fait une démonstration convaincante. A noter, un simple citoyen panaméen (en fait n’importe qui dans le monde), peut savoir a tout moment ce que son gouvernement a acheté, dans tel ou tel domaine, à telle ou telle date, etc… La technologie au service de la démocratie. «Dans le terme e-democratie, le plus important est démocratie». Niklas NordStröm, président du Comité IT du parti social-démocrate suédois a présenté trois opérations de démocratie participative dans son pays. Jusqu’à présent notre système démocratique fonctionne en DAD (le politique décide, puis annonce la décision au peuple, puis défend la décision contre d’éventuels détracteurs). Maintenant nous dit Niklas c’est l’inverse que l’on peut faire : les gens Dialoguent entre eux, Discutent, et prennent la Décision (Three D Principle). La ville de Kalix dans le Nord de la Suède a ainsi mis en discussion sur le web local de la ville : «doit-on payer plus d’impôts ou moins d’impôts ? Quels sont les priorités dans l’engagement d’investissement public ? 52% des habitants de plus de 18 ans ont participé à la discussion et ont voté (soit deux fois plus que pour les élections européennes). 1/3 a voté par Internet (le reste par des procédures traditionnelles). Résultat : le niveau des taxes reste inchangé… Le parti modéré lui a organisé des élections primaires en son sein. Résultat de nouveaux leaders sont apparus. Enfin, dernier exemple : le journal «Aftonbladet» a organisé un programme électif auprès de 300.000 jeunes écoliers de 16 à 19 ans pour les préparer à la vie démocratique (et pour ceux en âge de voter aux élections de septembre prochain). On va, conclut Nordström, vers une société plus transparente, et on ne reviendra pas en arrière. La Province de Catalogne (Espagne) : le citoyen est au cœur du processus. Il entre dans les portails administratifs, non plus par Ministères ou types d’administrations, mais par son besoin. Il va changer de domicile? Il a accès à toutes les informations et les formulaires électroniques nécessaires. Le portail fédère toutes les administrations, qui de ce fait «disparaissent» d’une certaine façon aux yeux de l’usager. Il paraît que cela n’a pas été très facile à faire admettre aux fonctionnaires… Que tirer de tout cela ? Manifestement un large mouvement de fond vers le e-gouvernement, la e-administration s’est mis en place dans le monde. Chacun y va à sa façon, mais tous affichent leur volonté : 1/ de faire des économies de frais généraux (moins de fonctionnaires ? M. Pinter, le responsable anglais, pense que dans 10 ans son administration sera complètement on line et fera entre 20 et 40% d’économies par rapport à une administration traditionnelle – ce qui a fait a priori 20 à 40% d’impôts en moins toutes choses égales par ailleurs. 2/ de mettre le citoyen au milieu du processus. Il n’est plus un usager des tous puissants services administratifs. Cela c’est beaucoup dit, mais il n’y a que la Province de Catalogne qui le fait. 3/ d’aller vite. Il y a une espèce de course qui s’est engagée entre les Etats, ou Régions. Les uns voulant faire du business (revendre leur solutions applicatives à d’autres moins avancés), ou favoriser la pénétration ailleurs de leurs sociétés de services, etc.. 4/ de mettre en place des procédures permettant, à partir d’applications administratives, de favoriser le développement du business entre entreprises. Le meilleur exemple est celui de l’Australie avec son fichier d’entreprises qui évolue vers un portail favorisant les affaires entre entreprises recensées (ou l’Espagne avec son portail sur le tourisme). Bref, après le e-business entre entreprises privés, le e-government démarre maintenant sur les chapeaux de roue. XML et la plate-forme .Net de Microsoft est au centre de tous les dispositifs qui nous ont été décrits. Bill nous a fait un beau discours et a répondu à quelques questions. On y a appris que des tablettes PC allaient bientôt sortir. Cela permettra, nous a dit Monsieur Bill, de supprimer beaucoup de formulaires papier…. Et la France dans tout cela ? Et bien elle paraît aux dires de nos deux sénateurs qui étaient à la Conférence «un peu en retard». D’abord Microsoft France n’a fait intervenir personne de chez nous en présentation d’applications (celle concernant les déclarations d’impôts auraient pu être présentée ?). Par ailleurs, nous n’avons pas de plan d’ensemble semble-t-il comme dans d’autres pays. Espérons que le prochain gouvernement y veillera. Et qu’il mettra en place un système de veille permanent sur ce qui se passe ailleurs. C’est toujours intéressant de faire du benchmarking comme l’on dit, surtout dans cette phase de mondialisation… Voilà. Bonnes réflexions… Et à bientôt pour de prochaines aventures ? (Jean Michel Billaut (jmbillaut@atelier.fr) - Atelier Groupe BNP Paribas – 22/04/2002) PS. Qui a dit qu’il pleuvait toujours à Seattle ? C’est faux. Il y fait aujourd’hui un temps magnifique avec grand soleil…

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas