La vulnérabilité sur Internet est une question d'expérience

Par 23 mars 2010
Mots-clés : Smart city

S'il n'a pas de précédent, un internaute aura tendance à se sentir inatteignable lorsqu'il surfe et moins sujet à une tentative de piratage ou de vol de données que ses pairs.

La perception des risques encourus sur Internet est loin d'être objective : malgré les campagnes de prévention et d'appel au téléchargement de systèmes de protection, c'est avant tout à son expérience que l'internaute se fie. Voilà l'une des conclusions émises par une équipe de l'université de Chung-Ang, en Corée. Celle-ci s'est interrogée sur la construction du jugement de la vulnérabilité sur le web. Résultat : il semble que les utilisateurs répartissent cette expérience en deux catégories bien distinctes : une personnelle, et une collective. Ce qui fait que plus un individu estime que le risque qu'il court est faible, plus il pense que le web n'est pas si dangereux que prétendu.
Un risque vécu diminue le sentiment d’invulnérabilité
Inversement, plus le sentiment de risque individuel est fort, plus Internet semble dangereux pour tous. Selon l'étude, cette estimation se calcule en fonction de l'expérience vécue et le sentiment personnel de contrôle. Un individu qui n'a pas encore été confronté à un problème de virus, de vol de données personnelles ou encore de piratage aura tendance à se sentir invulnérable. Ou tout du moins beaucoup moins atteignable que ses pairs, qu'il ne pense pas doués de la même aptitude à se défendre. Au contraire, une personne qui a connu une ou plusieurs intrusions est plus sensible à la perception d'un risque éventuel.
Les personnes non expérimentées moins influençables
L'effet d'illusion de son contrôle est ainsi compensé par son expérience et la conduit à penser que le risque sur Internet est répandu et réel. Pour les chercheurs, ce qu'ils appellent "expérience vécue d'une violation de la vie privée" mène même à une vision très pessimiste de la sécurité du web. Ces internautes s’estiment alors autant vulnérables que les autres. Cependant, pour les personnes peu expérimentées, le facteur "expérience préalable" semble ne pas engendrer de changements significatifs dans le jugement. Ces individus perçoivent en effet que le risque est élevé mais pensent qu’ils ne peuvent rien faire pour réduire cette menace.

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