WatchIllinois ouvre la vie privée à n'importe quel internaute

Par 10 avril 2009

Public Records scanne dans les enregistrements publics afin de vérifier que son identité n'a pas été usurpée. Ce qui prête à polémique, c'est qu'il autorise également tout utilisateur à chercher des informations sur ses pairs.

Dans la région métropolitaine de Chicago il est désormais possible de consulter en ligne et de recevoir par email des alertes sur ses informations enregistrées par l'Etat américain et tombées dans le domaine public. WatchIllinois est un système que son distributeur présente comme un outil de protection de la vie privée et de l'identité. Jeff Metcalf président de Public Records - qui édite le service - explique que "grâce à cette outil, il est possible de surveiller si notre identité a été volée". Par exemple en vérifiant si personne ne l'a utilisée pour faire une hypothèque. "Monitorer ses propres informations publiques enregistrées par l'Etat est aussi important que de vérifier ses dépenses par carte de crédit régulièrement", ajoute-t-il.
Un risque pour la protection de l'identité ?
Un point de vue partagé par Tom Ilube, président de Garlik. Celui-ci explique à L'Atelier "qu'il est très important de savoir quelles informations sont disponibles sur soi, particulièrement sur Internet, afin de se protéger des abus". Seul problème : le service propose aussi d'accéder aux informations de n'importe quel concitoyen. "Ce service encourage une démarche intrusive et pose des problèmes de respect de la vie privée" ajoute-t-il. Un service similaire existe en Angleterre : 192, qui permet de chercher dans des informations dans différentes données publiques. "La question de l'intrusion dans la vie privée dépend des lois sur la protection des données de chaque pays et des fichiers auxquels peuvent accéder les entreprises", poursuit Tom Ilube.
Un outil de recherche précis
WatchIllinois est capable de scanner dans quatorze millions d'enregistrements anciens et récents. Ses sources sont les hypothèques, les transactions immobilières, les entreprises, les faillites, les divorces, les saisies, les expulsions, les crimes et délits etc. Les internautes, moyennant moins de six dollars pour les trois premiers mois, ont la possibilité, d'accéder aux données qu'ils désirent sur eux-mêmes, leurs concitoyens, les entreprises, un simple numéro de téléphone ou une référence au cadastre. Pour cela il leur suffit à l'enregistrement de préciser ce que l'on cherche.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas