Wearable : low-cost et fonctionnalité unique pour s’inscrire dans la durée

Par 30 juillet 2014
Mi Band

Le constructeur chinois de smartphone Xiaomi va développer un bracelet connecté low-cost doté de fonctionnalités permettant de l’inscrire sur le long terme dans les habitudes quotidiennes des utilisateurs.

Le constructeur de téléphones Xiaomi a dépassé Apple sur le marché chinois de la vente de smartphones en juillet 2014, atteignant une part de marché de 21% contre 16% pour Apple au premier trimestre d’après Kantar Worldpanel Comtech. L’ascension fulgurante de ce jeune acteur sur le marché du mobile (entreprise créée en 2010) s’explique par ses prix accessibles et deux à trois fois moins chers que l’iPhone. Mais son fondateur, Jun Lei a souhaité élargir le spectre de ses produits avec les objets connectés. Il a récemment présenté le bracelet connecté low-cost Mi Band. Doté des mêmes caractéristiques que tout autre bracelet (mesure des pas et des calories, analyse du sommeil, etc.), il ne serait vendu qu’à 79 yuans, soit moins de dix euros. Ce bracelet, seulement compatible avec les smartphones Xiaomi, n’est destiné qu’au marché domestique qui ne compte pas moins de 574 millions d’utilisateurs de smartphones, soit 42% de la population totale selon les derniers chiffres de eMarketter.

Un business model économique

Avec une esthétique semblable à un bracelet FitBit ou Jawbone, le Mi band réunit toutes les caractéristiques d’un bracelet connecté permettant de mesurer et contrôler sa santé. Un aspect le différencie néanmoins de ses concurrents, c’est la durée de sa batterie qui tiendrait jusqu’à 30 jours après avoir été complètement chargé. Mais comment alors expliquer son prix dérisoire face aux autres bracelets offrant les mêmes fonctionnalités ? Même si les détails concernant les frais de production de ce bracelet low-cost n’ont pas été communiqués, son prix pourrait s’expliquer par le business model économique de Xiaomi. En effet, l’entreprise a adopté une stratégie qui le distingue des autres constructeurs sur le marché du mobile en Chine : la vente de smartphones se fait exclusivement en ligne, ce qui permet d’éviter les frais de communication et de logistique. Avec seulement 1% de ses revenus consacrés au marketing, par comparaison au 5% de son concurrent Samsung, Xiaomi peut ainsi se procurer des composantes de qualité et conserver un prix de vente abordable.

Ancrer le bracelet dans les habitudes quotidiennes

Outre la durée de la batterie, le constructeur a voulu se distinguer avec une autre fonctionnalité : le déverrouillage automatique du smartphone grâce au bluetooth dès lors que l’utilisateur tient son téléphone Xiaomi dans la même main que son bracelet. Malgré son prix attractif et ses fonctionnalités supplémentaires, le Mi Band va devoir comme ses concurrents, dépasser l’effet de lassitude lié à l’usage d’un bracelet. Un livre blanc* publié par Endeavour Partners, cabinet de conseil spécialisé dans le mobile et le digital, s’est intéressé aux comportements des utilisateurs de wearable devices aux Etats-Unis car un habitant sur 10 âgé de plus de 18 ans est propriétaire d’un objet permettant de contrôler sa santé. On apprend que dans les six mois qui suivent son achat, un tiers des utilisateurs de wearable n’utilisent plus le matériel. Cet abandon s’explique par le fait que les "fitness tracker" ne vont pas au-delà de leur fonction d’information et n’incitent pas son utilisateur à changer ses habitudes. Faiblesse sur laquelle les fabricants de wearable vont devoir se pencher.

*Etude en ligne réalisée en septembre 2013 sur un échantillon de plusieurs milliers d’internautes aux Etats-Unis

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