Web 2.0 : les entreprises mettent la main à la poche

Par 22 avril 2008
Mots-clés : Smart city

Les dépenses des entreprises en technologies interactives et collaboratives vont croître de manière spectaculaire. Une évolution qui fera la part belle aux réseaux sociaux.

Le plus haut de la vague des activités dites web 2.0 est encore à venir. Ce n'est pas le responsable de L'Atelier US, qui vient tout juste de publier un livre sur le sujet - L'Alchimie des Multitudes - qui nous contredira. Ni le Forrester, qui consacre sa dernière étude à l'usage professionnel de ce mouvement. Selon le cabinet d'analyse, les entreprises vont plus que jamais s'affirmer sur ce credo en augmentant leurs dépenses dans les technologies de réseaux sociaux, flux RSS, wikis, blogs et autres mashups. Il estime ainsi que le niveau des dépenses consacrées à ce domaine devrait plus que quadrupler dans les cinq ans à venir. Soit un rythme de croissance de près de 40 % par an qui devrait établir le total des capitaux consacrés au web 2.0 à près de quatre milliards de dollars à l'horizon 2013. Cette dynamique sera principalement le fait des grandes entreprises. Le cabinet américain, qui a interrogé un panel représentatif de responsables informatiques, indique en effet que plus de la moitié des sondés issus de sociétés de plus de mille personnes envisagerait d'adopter des applications web 2.0 en 2008.
Social networking en tête
Un chiffre qui s'élève à deux tiers pour les multinationales de plus de 20 000 salariés.Les réseaux sociaux devraient constituer le poste de dépenses le plus important dans le domaine des "technologies visant à favoriser l'interaction entre les hommes, le contenus et les données", soit la définition du web 2.0 retenue par les analystes du Forrester. Enregistrant les plus hautes prévisions de croissance sur cinq ans, ces "applications sociales" devraient être l'objet d'une dépense totale d'environ 250 millions de dollars cette année. Elles sont suivies de loin par les technologies de flux RSS ainsi que par les blogs et wikis. A noter : les revenus générés par ces deux derniers segments sont rognés par la présence d'acteurs de l'open source sur ce marché, à l'image de Drupal. Les technologies de mashup, qui captent encore peu l'investissement des entreprises, devraient pour leur part croître fortement dans les années à venir pour s'imposer à terme comme le second poste de dépenses web 2.0, derrière les réseaux sociaux.
Le web 2.0 plutôt en interne
Dans la pratique, on constate que l'usage principal qui est fait de ces applications interactives concerne des activités internes à l'entreprise. Celles-ci prennent le plus souvent des formes collaboratives visant à améliorer la productivité interne à l'organisation. Cette tendance devrait toutefois s'inverser vers 2009, estime le Forrester. Le cabinet d'analyse prévoit en effet que les dépenses "web 2.0" à des fins de relations externes devraient prévaloir à cette période. Une évolution logique dans la mesure où un certain nombre de sociétés sont déjà dotées d'applications à visée internes et continueront à en faire usage. Le rôle commercial et marketing que joueront ces technologies sera plus central à l'avenir, observe le cabinet américain. Les blogs, forums de discussion, profils, et applications de partage de contenus assureront plus encore l'interface entre les consommateurs et l'entreprise. L'adoption de ces outils de la relation client devrait par ailleurs être stimulée par une volonté d'affiner et de renouveler les méthodes d'étude du comportement des clients et prospects.

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