Le web disperse la communauté gay

Par 11 juin 2008

Internet a bouleversé l'organisation de la communauté homosexuelle mondiale. Moins visible dans la vie réelle, elle se réorganise sur les réseaux virtuels.

Les lieux de rencontre de la communauté homosexuelle, tels que les bars et les événements dédiés, évoluent et se déplacent peu à peu sur la Toile. Une tendance observable dans le monde entier et analysée par des chercheurs de la University of Minnesota. Ainsi, en 2007, près de trente experts en prévention du sida, chercheurs et leaders de la communauté homosexuelle de dix sept villes représentant quatorze pays ont mené leurs observations au sein de la population gay. L'objectif : analyser les évolutions de la communauté et le rôle d'Internet. Il ressort un point commun à toutes les villes observées : la communauté gay virtuelle y est plus étendue que le réseau physique réel.
Baisse de la visibilité
Les communautés traditionnelles sont ainsi devenues plus calmes depuis que les homosexuels ont migré sur le Net, pour investir les sites de rencontres, réseaux sociaux et médias dédiés en ligne.La plupart des villes ont en effet identifié le fait qu'alors que la population gay "physique" semblait rester stable voire en diminution, en parallèle l'infrastructure de la communauté (lieux, manifestations) est en déclin. "A l'exception de Londres, et dans une moindre mesure New York, les bars et la culture gay sont en train de changer", affirme Simon Rosser, qui a mené l'étude. "Nous observons presque partout la même tendance : la diminution du nombre de lieux homosexuels, moins de participations aux événements gay, moins de volontarisme dans les organisation de lutte contre le sida, et moins de médias gay". Ce qui, explique-t-il, aboutit à une visibilité diminuée de la communauté.
Réussir à communiquer et prévenir en ligne
Ce changement constitue un véritable challenge pour les associations de prévention du sida. Car à l'époque, le recrutement de volontaires et la sensibilisation aux questions de santé et de sexualité se déroulaient dans les bars et lieux dédiés à la communauté. Et via les médias gay qu'on y trouvait. Simon Rosser rappelle la nécessité de réévaluer les outils mis en œuvre pour communiquer auprès des homosexuels. "Nous devons découvrir de nouveaux moyens efficaces pour mener la prévention en ligne, et devenir visible auprès de la communauté gay qui s'est réunie sur Internet". Ce, alors qu'entre 2001 et 2005 on a recensé une augmentation de 13 % des hommes homosexuels touchés par le VIH aux Etats-Unis.

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