Le Web mobile en Afrique ? Réservé aux cadres des grandes entreprises

Par 01 octobre 2009 1 commentaire
Mots-clés : Digital Working, Afrique, Europe

Les classes moyennes et supérieures visitent déjà Internet depuis leur téléphone. Pour les autres, cela commence. Le potentiel de croissance est donc d'autant plus important que les ''early adopters'' réclament plus de services.

Entretien avec Stéphane Boyera, responsable de projets web pour la World Wide Web Foundation, l'un des partenaires de Mobile Web Africa*. Une rencontre qui fera le point sur les modèles d'affaires pour l'industrie et les moyens de réduire la fracture numérique.
Un événement uniquement dédié au Web mobile, cela veut-il dire que la technologie est bien implantée en Afrique ?
Pour les CSP+ urbains, Internet est déjà une réalité sur mobile : les capitales et villes importantes on des réseaux 3G, les opérateurs offrent des accès Internet, ils ont des iPhone ou des Nokia dernière génération... Pour ces cibles, l'Internet mobile est similaire à ce que nous avons en Europe, et la question est désormais de leur fournir des contenus. Pour les classes défavorisées, cela commence à peine. Les autres technologies mobiles (SMS, applications voix) sont plus appropriées pour toucher toutes les populations, mais là le potentiel en terme de revenus est faible. Nous pensons que le Web mobile est la technologie la plus prometteuse (avec les applications) pour fournir de nombreux services à tous.
Le secteur est-il déjà compétitif ?
Il est déjà largement profitable ! Les opérateurs du fait de la compétition voient leurs marges diminuer sur les aspects voix, et s'intéressent maintenant aux zones où ils peuvent gagner plus. La révolution qui a eu lieu dans nos pays il y a 2-3 ans, commence seulement en Afrique (encore une fois pour les classes favorisées).
Qui cibler prioritairement : grand public ou entreprises ?
S'intéresser au Web mobile en Afrique concerne encore à mon avis en grande partie les classes favorisées du grand public et les grandes entreprises.
Vous parlez de la nécessité de fournir les contenus. A votre avis, quels services s'annoncent les plus plébiscités : paiement, divertissement, information...
Cela dépend du contexte local. Et encore une fois, du niveau de vie. Dans tous les cas, les services de paiements rencontrent un vif succès. Pour les populations défavorisées, l'important, ce sont les services qui augmentent les revenus et améliorent les conditions de vie. Et pour que cela marche, il est nécessaire de produire du contenu localement. Il est fondamental que les gens locaux aient les formations et les outils pour développer les contenus appropriés à leur culture, leurs besoins, et leurs communautés.
Pensez-vous que des fonctions très prisées en Amérique du nord et en Europe comme la géolocalisation seront également adoptées ?
Certainement. La géolocalisation permet la définition de contenu approprié localement. Il y a des milliers d'applications possibles. Un exemple : de plus en plus de services développent des services de "market price" comme donner aux fermiers les prix des biens qu'ils produisent. Quand vous fournissez ces informations à un niveau national, vous avez plusieurs centaines de produits, dont la plupart inutiles. A l'opposé présenter les végétaux qui poussent dans la région est plus approprié et facilite l'accès à ces informations.
*Mobile Web Africa se tiendra les 13 et 14 octobre prochains à Johannesburg, en Afrique du Sud.

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1 Commentaire

Bonjour,
Nous avons lu avec attention votre article sur l'internet mobile en Afrique et nous le trouvons bien.

Néanmoins nous nous permettrons d'attirer votre attention sur la réalité de l'utilisation des technologies en Afrique : nous disposons d'une bande passante assez limitée et qui coute extrêmement chère, nous avons des modèles de pénétration de produits non conformes aux usages, etc. ce qui fait que ces nouveaux projets ou produits visent la crème qui constitue une minorité.

Nous pensons à notre avis qu'il faut démocratiser l'usage de l'internet domestique d'abord, favorisé les actions (achats, vente, conseils, formalités) en ligne avant d'imaginer offrir des services évolués.

Mais nous y croyons et la lecture de cet article nous permet de rêver.

Florence Dossou
Directeur Associés e-Mergence Consultant http://www.emergence-consultant.com

Soumis par Florence (non vérifié) - le 26 février 2010 à 11h07

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