Le web social s'attelle à la réduction des coûts de traduction

Par 18 juin 2009 2 commentaires
Mots-clés : Smart city

Sur la plate-forme collaborative Conyac, les utilisateurs lancent des demandes d'adaptation de textes dans d'autres langues. Ils rémunèrent ensuite les traducteurs qui se portent volontaires au montant de leur choix.

Pour fournir aux internautes des traductions de bonne qualité à faible coût, le Japonais anydooR a lancé la plate-forme Conyac.cc. Son rôle ? Mettre en relation un individu qui cherche à traduire un contenu, et des volontaires prêts à effectuer cette tâche à prix réduit. Pour commencer à utiliser la plate-forme, un utilisateur doit acquérir des points Conyac au prix de 0.007 euros l'unité. En lançant son appel d'offres de traduction, il met en jeu le nombre de points Conyac de son choix. En réponse à sa requête, les membres inscrits comme traducteurs proposent leurs versions.
Une plate-forme évolutive
L'initiateur choisit quelle traduction il conserve, et lesquelles il rejette. L'heureux gagnant se voit verser les points Conyac rattachés à la demande de traduction. La version bêta actuellement en ligne comporte des services de traduction pour seize langues. Une base qui devrait s'agrandir, au fur et à mesure que les traducteurs parlant d'autres langues s'inscriront sur le site. "Je voulais que ce service de traduction soit aussi facile à utiliser que si l'on demandait de l'aide à des amis", explique Tomohiro Kikuchi, cofondateur d'anydooR.
Une alternative aux solutions existantes
Jusqu'à maintenant, les seules options sur le marché se limitent souvent à la traduction humaine, qui peut se révéler trop onéreuse pour une utilisation ponctuelle ou privée. Et la traduction automatique en accès libre générée par l'ordinateur, qui parvient encore difficilement à prendre en compte le contexte dans lequel les mots sont utilisés. Le business model de Conyac.cc a gagné le premier prix du challenge d'entreprises lancé par la société de conseil en informatique Skylight Consulting.

Haut de page

2 Commentaires

Qu'y-a t-il de social là-dedans?
Encore du dumping social dans une profession qui a bien peu de droits et de protection. En tant qu'économistes vous devriez vous interroger sur à qui profite la chose.
Sûrement pas aux traducteurs français; vous devriez consulter les associations professionnelles. Merci.
Un traducteur est mieux payé en France qu'en Italie, avec des droits pour la retraite, alors avec le reste du monde!!

Soumis par DUBROCA (non vérifié) - le 20 juin 2009 à 10h43

La traduction collaborative a encore frappé ! Tout comme Facebook (et, plus récemment, LinkedIn), certaines organisations croient intelligent de répartir les tâches de traduction sur de nombreux volontaires, en découpant auparavant le textes en petits bouts pour le reconstituer ensuite et déclarer correcte la traduction qui aura recueilli le plus de votes.
A l'extrême limite, je pourrais approuver le procédé pour ses vertus en termes de productivité. Mais à une condition primordiale : que les traducteurs soient des traducteurs ! Donner à traduire des textes (même de simples phrases) au tout-venant comme si tout un chacun disposait des compétences nécessaires à assurer une traduction, c'est méconnaître complètement le processus de traduction. Un traducteur professionnel (5 ans d'études après le bac, plus au moins 5 ans d'expérience professionnelle et deux ans de résidence dans un pays étranger) traduit en direction de sa langue maternelle (celle qu'il connaît le mieux au monde) des textes qu'il rédige (c'est un littéraire qui connait tous les détours de la langue écrite) dans une spécialité pour laquelle il a un degré d'expertise élevé (on ne donne pas à traduire des textes financiers à un traducteur médical, ni des textes informatiques à un juriste). Pour mener sa mission à bien, il a impérativement besoin d'informations de contexte : il est presque impossible de traduire correctement une phrase isolée, sortie de son texte d'origine. Ce travail demande une concentration extrême sur de longues périodes de temps, ce dont très peu de personnes sont capables. Bref, ce n'est pas à la portée du premier venu.

Si les questions de traduction vous intéressent, si vous voulez connaaître l'actualité du domaine, les outils professionnels, les conférences, etc, n'hésitez pas à lire L'Observatoire de la traduction (http://blog.anyword.fr).

Bien à vous,
Guillaume

Soumis par Anyword - Guillaume (non vérifié) - le 25 juin 2009 à 14h57

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas