Sur le Web, le talent compte autant que l'expérience

Par 15 septembre 2008

Les sites les plus populaires ne sont pas tous établis de longue date. La moitié d'entre eux existe depuis moins d'un an. Preuve que les pages les plus visitées se renouvellent constamment.

Le succès est-il principalement affaire de talent ou d'expérience ? La question se pose régulièrement, que ce soit lors d'élections ou d'entretiens d'embauche. Ainsi que l'explique au New Scientist Vwani Roychowdhury, professeur en ingénierie électrique à l'Université de Californie à Los Angeles, "cette question est souvent difficile à trancher en utilisant des paramètres objectifs. Le Web est à cet égard l'un des seuls endroits où elle peut être résolue en termes de popularité de pages consultées". Une équipe de chercheurs dont il fait partie a étudié le profil des pages les plus populaires sur la Toile. Le résultat de leur enquête est nuancé : le succès du Web est tributaire à 50 % du talent et à 50 % de l'expérience car la moitié des pages les plus visitées sont relativement récentes. "Sur le Web, le talent permet un renouvellement constant mais mesuré, sans risquer l'anarchie".
Renouvellement constant mais mesuré
Pour quantifier le rapport entre talent et expérience sur le Web, Vwani Roychowdhury et ses collègues ont utilisé des moteurs de recherche extrêmement performants qui leur ont permis de visiter environ vingt-deux millions de pages Web une fois par mois pendant un an. A chaque fois qu'une page était visitée, les chercheurs ont recensé le nombre de liens externes pointant vers cette même page. Ce, afin de déterminer ce qu'ils ont appelé son "in-degree", c'est-à-dire son taux de popularité. Au bout d'un an, les chercheurs se sont rendus compte que les pages les plus visitées - celles dont le "in-degree" était supérieur à 1 000 - n'étaient pas toutes, loin de là, des pages Web bien établies, c'est-à-dire possédant dès le début de l'année un fort trafic et de nombreux liens. Au contraire, il s'est avéré que la moitié des pages les plus consultées n'existaient pas un an avant.
Taux de croissance du top rank
La proportion est équivalente si le seuil du "in-degree" est relevé. Preuve que les jeunes sites ont tendance à supplanter des vieux sites mieux établis une fois sur deux. Selon Vwani Roychowdhury, la popularité de sites aussi récents ne peut s'expliquer que par la qualité de leur contenu. Ces pages ont du "talent" et peuvent ainsi concurrencer celles possédant plus d'"expérience". De tels résultats pourraient peut-être servir à améliorer les algorithmes utilisés par les moteurs de recherche. Si par exemple Google utilise le "in-degree" de chaque page, plus connu sous le nom de "top rank", afin d'ordonner les résultats de recherches, il pourrait être avisé de prendre également en compte le taux annuel de croissance de ce dernier afin de mieux refléter les incessants changements du Web et l'émergence rapide de nouveaux sites.

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