Le web est un terrain d'enquêtes comme un autre

Par 20 avril 2010

La Toile facilite la conduite d'études économiques, sociologiques ou marketing, affirme Harvard. Elle comporte des avantages logistiques mais aussi psychologiques : l'internaute n'est pas influencé par un groupe.

Internet constitue un terrain aussi voire plus propice que le monde réel pour mener des études sociologiques, micro-économiques ou marketing. D'autant que le web a gagné en légitimité et en fiabilité ces dernières années, constatent trois chercheurs de l'université de Harvard dans une étude*. L'émergence des expérimentations sur la Toile comporte plusieurs avantages, selon eux. Le premier concerne la logistique : les questionnaires et autres sondages en ligne permettent de faire appel à un public varié, provenant de différentes strates sociétales et de diverses communautés. Cela notamment grâce aux réseaux sociaux, considérés par les scientifiques comme un champ d'expérimentation valable. Le tout à moindre coût, et sans que les personnes interrogées n'aient à se déplacer physiquement. Le second est d'ordre psychologique. Sur Internet, les personnes ne sont influencées ni par le questionneur, ni par le groupe de participants.
Les réseaux en ligne : un champ d'expérimentation valable
"L'absence de pression de la part des pairs constitue un avantage certain", confirme à L'Atelier Alexandre Cabanis, analyste marketing chez Ubisoft. Côté marketing, cela représente un autre avantage : celui d'impliquer facilement le consommateur. D'autant que, comme le souligne le consultant, "l'entreprise ne prend pas véritablement de risque". Reste qu'il existe encore certains biais : "les études en ligne ne sont pas la panacée : il existe des freins en matière de représentativité". Même si la répartition démographique sur les réseaux sociaux tend à converger vers la démographie réelle. A noter : les chercheurs d'Harvard distinguent différents modèles permettant de soumettre des internautes à une série de questions.
Plusieurs modèles pour les études sur Internet
Des modèles de jeux participatifs, où les contributions sont bénévoles, et assurées par le caractère ludique de l'activité. Et un modèle sondeur-employeur où les participants sont rémunérés en fonction d'une tâche bien particulière : remplir un questionnaire par exemple. Modèle qui est, selon le rapport, amené à se développer avec la facilitation des démarches de paiement en ligne. Autant de modèles valables en marketing. "Le choix correspond à une question qu'une marque doit se poser lorsqu'elle mène une étude", affirme le spécialiste. Et de conclure : "plus on est en amont, plus la rémunération se justifie. En revanche, lorsque l'on désire impliquer le consommateur, le ressort ludique est à privilégier".
*The Online Laboratory : Conducting Experiments in a Real Labor Market

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