Le web est une science sociale comme une autre

Par 19 mars 2009
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Qu'est ce que le web apporte aux hommes dans des domaines aussi vastes que le commerce, l'éducation ou la santé ? C'est ce à quoi tentera de répondre la Web Science Conference.

"Le web est avant tout social". C'est ce qu'a déclaré Nigel Shadbolt, directeur de recherche interdisciplinaire à l'ECS (Electronics and Computer Science University of Southampton) ce matin à l'occasion de la Web Science Conference 09. La rencontre, qui se tient en Grèce, s'intéresse aux aspects sociotechniques d'un web qui souffle ses vingt bougies. De plus en plus de secteurs se développent aujourd'hui en intégrant le web : l'éducation, la santé, le commerce, la recherche ou encore la politique. Favorisant l'émergence d'une société connectée. D'ailleurs, a précisé le chercheur, "Il est désormais impossible de comprendre les phénomènes sociaux, le monde, sans comprendre le web". D'où l'organisation de cette conférence, qui vise à faire le point sur l'impact qu'a la Toile sur notre vie quotidienne. Mais aussi encourager la mise en place d'une approche multidisciplinaire afin de mieux identifier et développer les technologies et applications qui feront le web de demain.
La société en ligne est une société qui collabore
D'où le but, clairement affiché ici, de faire se rencontrer les acteurs de la recherche qui gravitent autour du web, qu'ils soient issus du secteur des sciences informatiques ou des sciences humaines. L'un des grands constats que l'on peut immédiatement dresser, c'est l'importance de la collaboration et de l'interaction. Dans le domaine de l'éducation, l'université de Catalogne a ainsi présenté son projet d'e-learning. L'université table sur le principe du "Learning anytime, anywhere", en proposant des outils de wiki, de réseaux sociaux, micro-blogging, etc. Le tout, accessibles depuis des postes fixes ou des mobiles. D'autres projets comme Scratch, dont L'Atelier avait déjà parlé, proposent aux jeunes de développer des contenus et de les partager avec les autres membres.
Vers une généralisation du web semantique
Et pour un grand nombre des participants à la conférence - dont Tim Berners Lee - l'aboutissement de ces initiatives de collaboration et d'interaction, c'est le web sémantique. C'est-à-dire la possibilité de donner à la machine la capacité de comprendre le sens des contenus indexés. Un processus réservé pour le moment à l'homme. Le but étant de faire interagir entre eux les données, notamment celles qui circulent sur les supports 2.0 comme les réseaux sociaux. C'est d'ailleurs ce sur quoi travaille notamment Alexandre Passant, chercheur au DERI (Digital Enterprise Research Institute), en Irlande. Le centre développe un modèle de représentation qui permet de connecter et d'interroger des données en provenance de différents contenus. Appliqué aux réseaux sociaux, le système, baptisé Sioc, permettra du coup d'avoir un même langage pour tous les réseaux. Et donc, de les faire interagir.
Mathilde Cristiani, envoyée spéciale de L'Atelier à Athènes

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