[World Tour] Londres: "La proximité de la Tech City et de la City facilite les financements"

Par 09 juillet 2014
Londres

Non loin du poumon financier de la capitale du Royaume-Uni, la Tech City regroupe un grand nombre de startups dédiées au numérique. Les bureaux sont partagés par des jeunes entreprises issues du monde entier et cette proximité facilite les synergies.

Entretien dans le cadre de l’émission L'Atelier numérique sur BFM Business à l’occasion de la London Technology Week fin juin, avec Maia Fontaine, country manager pour la startup française Headoo. Celle-ci vient d’installer une antenne à Londres pour déployer son logiciel de mesure d’impact d’évènements via les réseaux sociaux.

L’Atelier: La startup qui vous embauche vient de vous envoyer à Londres pour y développer son activité. Vos bureaux n’ont pas été choisis n’importe où?

Maia Fontaine : En fait nos locaux sont dans la Tech-City, un pôle de compétitivité dédié à l’innovation. Ce pôle regroupe toutes les entreprises qui sont tournées vers le web et le digital. On est installé avec des entrepreneurs du monde entier dans des bureaux partagés, ce qui permet de créer une véritable synergie entre tous les entrepreneurs du monde du digital. On est aussi à côté du Google Campus assez connu pour mettre en lien tous les entrepreneurs de ce milieu.

Vous n’êtes pas très loin non plus de la City, le centre névralgique de la finance?

Ce qui est intéressant en fait avec les traders de la City, c'est qu’ils sont basés vraiment juste à côté de la Tech City et ils connaissent très bien le monde du digital. Headoo, la startup pour laquelle je travaille, a réussi à lever 300 000 livres sterling de fonds [près de 400 000 euros, ndlr] en moins d’une semaine pour s’installer à Londres.

Et cela ne semble pas être un cas exceptionnel puisque vous partagez vos bureaux avec sept autres entreprises qui elles-mêmes ont réussi à obtenir très facilement des fonds ici à Londres?

On partage en effet nos bureaux avec des entreprises qui viennent du Canada, du Vietnam, de la Chine, d’Italie… Ils sont aussi, venus à Londres parce ils ont trouvé des financements assez rapidement et assez facilement. On est tous arrivés dans les trois derniers mois. Et en fait on est confronté aux mêmes problématiques de trouver des partenaires, des comptables, ouvrir des comptes en banque à l’étranger. Du coup il y a énormément d’entraides entre nous : on se conseille beaucoup sur les bons plans, les endroits où aller faire des évènements de networking.

Outre la proximité des investisseurs, qu'est-ce qui il y a de plus à Londres qu’il n’y a pas à Paris?

Ce qui change le plus c'est l’impact de la langue anglaise grâce à laquelle on va plus facilement pouvoir attaquer les marchés américains. Or, en France tout reste beaucoup en français et c'est beaucoup plus difficile d’exporter après le produit sur d’autres marchés.

Toute cette émulation vous transmet-elle la fibre entrepreneuriale?

En fait, j’avais mon propre projet avant d’être recrutée par Headoo. Je voulais monter un site web de crowdfunding pour des associations. Et j’ai interviewé pas mal d’entrepreneurs en France dont Jean Dussetour, le CEO d’Haedoo qui m’a proposée ce poste à Londres…

Est-ce que vous vous dites que cette expérience va vous servir pour monter votre projet plus tard?

En tant que Country Manager, c'est vraiment moi qui gère toutes les opérations en Angleterre. C'est donc un excellent entrainement pour pouvoir monter ma propre société plus tard.

A Paris ou plutôt à Londres?

Je suis encore en train d’hésiter sur la question. Mais puisque je suis en train de développer mon réseau principalement à Londres, ce sera peut-être plutôt là-bas ; Surtout si j’ai besoin de trouver rapidement des financements.  

Vous rencontrez beaucoup de jeunes startupers avec qui vous discutez sur les moyens de mettre sur pied leur projet?

Il y a beaucoup d’évènements de networking pour créer des projets en commun en fait. Et dans mon bureau, j’ai une collègue qui est arrivée envoyée par une entreprise italienne et qui d’une semaine sur l’autre a décidé de monter sa propre entreprise dans le développement web. Elle a déposé sa licence et voilà elle est entrepreneur et tout a été fait très facilement.

 

 

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