Il y a bien quelques jours que je ne vous ai pas parlé de l'euro.

Par 06 octobre 1997

Réparons vite cet oubli. L'euro risque de relancer la guerre des prix. Dans le secteur du grand commerce, seule l'adaptation des systèmes informatiques semble aujourd'hui préoccuper les "monsieur eu...

Réparons vite cet oubli. L'euro risque de relancer la guerre des prix.
Dans le secteur du grand commerce, seule l'adaptation des systèmes
informatiques semble aujourd'hui préoccuper les "monsieur euro" et les
groupes de travail. Selon un sondage LSA-Deloitte & Touche de juillet
1997, 69 % des distributeurs auraient initié des actions dans ce domaine.
La grande distribution, tout en mettant l'accent sur les coûts
informatiques, sait parfaitement que l'euro sera également synonyme
d'opportunité commerciale, notamment dans le domaine des relations
clients. Ainsi, Christian Nouvion, directeur des services financiers du
Printemps reconnait bien volontiers "l'accompagnement de la clientèle est
primordiale, il peut créer un avantage concurrentiel et constituer une
valeur ajoutée à la vente. C'est pourquoi notre plan d'action a été rédigé
par les commerciaux et non par les financiers et les informaticiens". Même
si le développement du hard-discount se poursuit, les Français craignent
de voir valser les étiquettes avec l'arrivée de l'euro. La grande
distribution risque bien d'accroître la pression exercée sur ses
fournisseurs pour pouvoir atteindre de nouveaux prix psychologiques en
euro sans pour autant rogner sur les marges. Pour obtenir les meilleurs
emplacements dans les gondoles, les fournisseurs risquent de voir la
concurrence s'accroître. Selon Pierre Fleischmann, responsable du
marketing chez Lotus Developpement "les négociations seront encore plus
rudes qu'aujourd'hui car, avec l'arrivée de l'euro, le temps de la prise
de décision d'achat (par le consommateur) sera multiplié par cinq, or,
dans un hyper, c'est le flux qui crée la richesse". Tout en sachant qu'ils
pourront comparer plus facilement les prix de différents fournisseurs
européens, sans avoir à supporter les coûts des opérations de change, les
distributeurs auront tendance à réserver les meilleurs emplacements aux
produits les plus vendables. Chargé du projet euro d'Auchan, Michel
Paillard indique "en s'affirmant comme une devise internationale, l'euro
pourrait aussi améliorer nos conditions d'achats hors Europe".
° Craignant une trop longue période de double circulation des monnaies,
les commerçants redoutent de se voir imposer le double affichage des prix.
° Le petit commerce s'inquiète du risque de voir l'euro utilisé comme une
nouvelle source d'affrontement concurrentiel.
° Expliquant comment son groupement se prépare au passage de l'euro,
Michel-Edouard Leclerc, vice-président des centres E. Leclerc affirme
"l'attentisme est la plus mauvaise et la plus coûteuse des attitudes".
(Dossier de trois pages - la Tribune - 07/10/1997)

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