YouTube : la plateforme vidéo amateur sur le Net !

Par 15 mai 2006 1 commentaire

YouTube est la société dont tout le monde parle en ce moment dans la Silicon Valley. Parce qu'elle semble concentrer toutes les caractéristiques du Web 2.0, tous ses espoirs, mais aussi toutes...

YouTube est la société dont tout le monde parle en ce moment dans la Silicon Valley. Parce qu'elle semble concentrer toutes les caractéristiques du Web 2.0, tous ses espoirs, mais aussi toutes ses craintes. Avec comme un petit arrière-goût de l'Internet d'avant 2000.
YouTube repose sur une proposition très simple  : diffusez vos vidéos, comme d'autres sites vous proposent de poster vos photos ! Et ces vidéos peuvent ensuite être affichées par les internautes, par exemple sur leur propre blog. Crée en février 2005 à San Mateo, à côté de San Francisco, la société a connu un très rapide succès de son offre. Un an et demi à peine après sa création, elle revendique 35 millions de vidéos regardées par jour et 13 millions de visiteurs uniques par mois. Une réussite phénoménale pour une entreprise qui ne se fait connaître que par le bouche-à-oreille. Et pas seulement avec des vidéos familiales, comme on pouvait le craindre.
YouTube a en effet d'ores et déjà quelques beaux succès, comme ce clip japonais pour vous aider à plier votre tee-shirt, qui a fait le tour du Web en quelques heures (http://www.youtube.com/w/plier-tee-shirt?v=ls2vTk2xKJA&search=all-). Mais aussi comme la vidéo du journaliste humoriste Stephen Colbert (présentateur du Colbert Report sur la chaîne américaine Comedy Central) lors de la récente réception donnée par le président Bush aux journalistes correspondants de la Maison-Blanche. Cette vidéo très critique à l'égard du président mais aussi des journalistes, a quasiment été censurée par la presse américaine. Immédiatement reprise sur YouTube, elle a pu faire le tour de l'Amérique… ou elle fait beaucoup parler d'elle.
Tous les ingrédients de la success story du Web 2.0 sont présents, avec toutes ses craintes aussi :

YouTube est un site collaboratif et communautaire , comme on les aime dans le Web 2.O. C'est le principe du Web conçu comme une plateforme, cher aux « théoriciens » de ce nouveau cycle d'innovation. Ce sont les internautes qui font YouTube ! Ces millions de personnes qui y postent leurs vidéos, en espérant un public. Oui, mais quid des droits d'auteurs ? Quid de ces milliers de vidéos « piratées » de concerts, de films, de clips. Sans évoquer évidemment des contenus potentiellement choquants ou plus ou moins licites. YouTube prétend répondre en partie à ce problème en limitant à 10 minutes les vidéos uploadées sur son site. Limite vite détournée en fractionnant la vidéo en plusieurs parties !
YouTube n'a pas de business model apparent . Selon le principe du Web 2.O : c'est gratuit  ! La publicité a bien été introduite en mars. Mais, pour être efficace, elle devra être notamment contextuelle, à la « sauce Google ». Or on connaît les difficultés d'indexation de la vidéo, et la pertinence des résultats mettra quelque temps à donner ses fruits. Par ailleurs, YouTube espère nouer des partenariats avec les chaînes de télévision. Mais : ont-elles vraiment besoin de YouTube ? En France, TF1 vient d'annoncer le lancement d'un service très similaire – nom de code « Le.Buzz », pour cet été. Pourtant, YouTube coûte très cher . Les vidéos pèsent lourd et les coûts d'hébergement et de stockage sont exponentiels avec le succès. Et les coûts de bande passante sont également exorbitants. Selon Forbes, ils s'élèveraient à plus d'un million de dollars par mois. Difficile à financer quand on n'a pas de revenus !
Les grands acteurs sont là , au chevet du beau bébé Web 2.0. Et notamment, Sequoai Capital , qui compte notamment Google à son actif. La firme, qui recherche activement tous les investissements possibles dans le Web 2.0, a déjà injecté par 2 fois des fonds dans la société. Le dernier tour de table, réalisé en avril 2006, d'un montant de 8 millions de dollars, porte les montants des fonds levés par YouTube à 11,5 millions en 1 an et demi. Beau score. Mais la société ne devrait pas s'arrêter là, si on en croit le très informé blog de Michael Arrington, Techcrunch. Il y annonce que YouTube aurait complété ce très récent tour de table de 8 millions par un troisième tour de 25 millions de dollars. Ceci valoriserait la société à plus d'1 milliards dollars, alors qu'elle n'a pour l'instant aucun revenu ! Si la rumeur est confirmée, tout ceci semble prendre une tournure un peu inquiétante, alors que ce mouvement du Web 2.0 peine décidément à faire émerger des business model gagnants !

Des questions juridiques de taille, des coûts importants, un business model flou…Mais un vrai succès auprès des internautes, qui semblent adorer le service. Voilà bien un des paradoxes de la Silicon Valley aujourd'hui. Paradoxe sur lequel les investisseurs devront vite se faire une religion, s'ils veulent éviter les effets dévastateurs de l'avant 2000. Nous en sommes encore loin.

Dominique PiotetA San Francisco pour l'Atelier(Atelier groupe BNP Paribas - 15/05/2006)

Haut de page

1 Commentaire

bonjour

Soumis par titi (non vérifié) - le 31 octobre 2009 à 00h23

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas