En zone de conflit, le robot est gage de sécurité

Par 22 janvier 2009

Le MIT travaille sur un chariot élévateur autonome capable de transporter du matériel et de s'orienter. Une reproduction artificielle de différentes sensations le rendront capable d'analyser et comprendre son environnement.

Pour approvisionner les zones de conflits sans mettre de personne en danger, le laboratoire Computer Science and Artificial Intelligence du MIT dirige un programme de développement d'un chariot élévateur sans conducteur capable de charger et s'occuper du transport de matériel de manière quasi autonome. Pour y parvenir, les chercheurs mettent au point des logiciels reliés à des réseaux de capteurs et de caméras permettant au système de comprendre ce qui l'entoure et de réagir en fonction. "En Irak, par exemple, le déchargement de matériel doit souvent être interrompu", note Matt Walter, l'un des responsables du projet. "Il est pourtant possible d'automatiser un certain nombre de tâches et donc de réduire le degré d'exposition des personnes sur place au danger".
Comprendre et ressentir l'espace
À terme, ce système robotisé pourra se repérer dans son environnement et sur la simple incitation orale ou gestuelle d'un individu chargé de le superviser à distance. Il pourra aussi éviter des obstacles imprévus, comme le passage d'êtres humains ou la chute d'objets. Ce, de manière autonome et plus rapide que lorsqu'il est sous contrôle humain. Pour cela il est nécessaire de reproduire de nombreuses sensations comme le toucher, le mouvement, la mémoire et la déduction. "Tout cela permet de se représenter un modèle logique de l'espace et des objets qui le composent, et donc de se déplacer avec succès", rappelle Seth Teller, professeur de sciences informatiques. "Or si les humains sont capables d'échafauder ce plan mental sans même y penser, ce n'est pas le cas pour la machine".
Une reconnaissance de l'environnement par laser
Pour le moment, un superviseur doit expliquer avec précision quels mouvements le chariot doit effectuer, et indiquer sur un écran tactile les palettes à déplacer. La reconnaissance de personnes et d'obstacles et la possibilité de les éviter devraient cependant être plus rapide. "Il est possible de détecter des individus en mouvement en utilisant des scanners à rayon laser", note ainsi Matt Walter, l'un des responsables du projet. "Ces rayons ne sont cependant pas encore vraiment efficaces pour identifier la présence de personnes qui cherchent à se dissimuler ou qui bougent très rapidement". Le projet implique une trentaine de chercheurs issus d'instituts comme le MIT ou de BAE Systems. Il a été fondé par l'agence US Army Logistics Innovation.

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