Zoom sur l'enveloppe numérique inviolable avec Pierre-Jean Billon PDG de Keyvelop

Par 26 novembre 2004
Mots-clés : Smart city, Europe

Pierre-Jean Billon est le PDG de Keyvelop, une société qui a mis en oeuvre le concept de l'enveloppe numérique sécurisée pour envoyer tous types de documents...

Pierre-Jean Billon, PDG de Keyvelop

Pierre-Jean Billon est le PDG de Keyvelop, une société qui a mis en oeuvre le concept de l'enveloppe numérique sécurisée pour envoyer tous types de documents, et au premier chef les factures, bons de commandes, contrats, accusés de réception, etc. Le point sur une solution innovante et prometteuse.

L'Atelier - Pierre-Jean Billon, qu'est-ce que Keyvelop ?

Pierre-Jean Billon - C'est une enveloppe numérique inviolable. Elle fonctionne comme une enveloppe papier classique : l'utilisateur, depuis son logiciel, insère des documents dans l'enveloppe numérique dite Keyvelop, écrit l'adresse du destinataire et la scelle. Pour effectuer cette dernière opération, un serveur externe demande à l'utilisateur de s'identifier.

Cela est possible de plusieurs manières : soit en utilisant un login et un mot de passe, soit à l'aide d'un certificat numérique qui va conférer une valeur juridique à l'envoi, soit en utilisant d'autres modes d'identification tels que la biométrie. Ce choix se fait simplement en cochant une case. Le serveur confère à l'enveloppe et à son contenu une empreinte unique calculée sur le poste client et affecte à l'enveloppe une clé de cryptage unique créée de manière aléatoire. A partir de là, l'enveloppe et son contenu ne peuvent être modifiés.

L'Atelier - Maintenant que mon enveloppe est créée, comment est-ce que je l'envoie ?

P.-J. Billon - Je peux expédier mon enveloppe comme je le souhaite (par email, en la mettant sur un compte FTP, sur un CD-rom, une clef USB, etc.) Le(s) destinataire(s) reçoi(ven)t le support sous la forme d'un fichier XML ; pour ouvrir son enveloppe, il(s) doi(ven)t à son(/leur) tour s'identifier - via un login ou grâce à un certificat numérique. Le serveur compare alors les empreintes de l'enveloppe telle qu'elle est partie et celles de l'enveloppe telle qu'elle est arrivée, envoie un accusé réception à l'expéditeur, pour lui faire savoir que son envoi est bien arrivé à destination.

L'Atelier - Cet accusé de réception a-t-il une valeur légale ?

P.-J. Billon - Non, il sert simplement à informer l'expéditeur. C'est l'empreinte qui a une valeur légale, une fois qu'elle a été validée par le serveur, puis conservée par celui-ci et enfin archivée. Il faut rappeler que la France , par exemple, a intégré la signature électronique à sa législation depuis 2001 et que l'écrit numérique a une valeur légale au niveau européen depuis 1999.

L'Atelier - Quel est le coût d'utilisation de Keyvelop ?

P.-J. Billon - Le téléchargement du logiciel [qui pèse entre 4 et 5 Mo, ndlr ] est gratuit. Ensuite, à l'unité, un pli coûte 1,50 euro environ. Pour les entreprises qui sont intéressées par une utilisation massive du service, il existe des formules d'abonnements mensuels ou encore des contrats d'utilisation illimitée à l'année. Simplement, nous excluons la possibilité de facturer des licences d'utilisation par poste.

L'Atelier - Pensez-vous que Keyvelop peut intéresser les particuliers ?

P.-J. Billon - Certains l'utilisent déjà, mais je pense honnêtement que c'est encore prématuré pour eux. On estime aujourd'hui qu'entre 5 et 8 % seulement des utilisateurs particuliers seraient prêts à passer au système Keyvelop pour envoyer en toute sécurité leurs documents. Il y a deux raisons à cela : première chose, les utilisateurs peuvent avoir une réticence par rapport à la valeur juridique du procédé. Ensuite, il ne faut pas oublier que certaines personnes considèrent le courrier électronique comme absolument sécurisé !

Et puis, les entreprises sont notre cible principale, parce que Keyvelop est une solution qui peut intéresser plusieurs de ses départements. C'est une solution qui doit être considérée comme un complément de logiciel, qui s'adapte aux solutions de paie, de comptabilité, de CRM, d'achats, de Knowledge Management, etc.

L'Atelier - Est-ce que Keyvelop pourrait un jour être adapté aux SMS ?

P.-J. Billon - Bien sûr que oui. Mais c'est encore trop tôt pour les usages, et pour l'instant nous n'avons encore rien développé qui aille dans ce sens. Mais nous y réfléchissons... .

Propos recueillis par Anaïs Grassat - Atelier BNP Paribas - 25 novembre 2004

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