Allons enfants de la musique !

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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21 juin 2004 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Ce début de semaine marque pour beaucoup la joie d’aller se promener dans les rues, à l’écoute d’une vraie bonne musique : une fanfare sous des arbres, une danseuse de tango, un accordéoniste...

Ce début de semaine marque pour beaucoup la joie d’aller se promener dans les rues, à l’écoute d’une vraie bonne musique : une fanfare sous des arbres, une danseuse de tango, un accordéoniste inspiré, un groupe de rock en forme, du rap, du Schubert, de la Cucaracha … Tout le monde devrait fêter l’événement à l’exception de certaines oreilles qui souhaitent ou doivent se coucher tôt. Même les esprits grincheux de l’industrie du disque devraient se réjouir de cet événement, certes gratuit… comme beaucoup de fichiers MP3. Mais ces derniers semblent toujours obstinés dans leur colère. Ils viennent de refuser d’emblée une idée intéressante de l’Adami, société civile pour l’administration des artistes musiciens interprètes, qui, suite à une étude sur le développement des services d’échanges Peer to Peer (PtoP), propose d’instaurer des « licences légales » de téléchargement gratuit sur les abonnements des Fournisseurs d’Accès Internet (FAI). Une sorte de redevance pour internautes. Pas bête, pourtant. Peut-être que les deux ministres en charge de cette épineuse question sauront s’en inspirer : Patrick Devedjian, ministre délégué à l’industrie, et Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication. L’un et l’autre prônent la lutte contre la piraterie virtuelle. Comment agir selon eux ? Avec des moyens « pédagogiques » pour sensibiliser les internautes accros de P2P. Un remède plus doux que la violente campagne du Snep , mais qui ne repose pour l’instant sur aucune idée concrète. Autre argument : réveiller les majors ! Certes, mais comment ? Et comment redonner un vrai rôle d’intermédiaire aux disquaires ? Et pourquoi les auteurs/compositeurs indépendants ne se réunissent pas pour défendre leurs créations alternatives, à la manière du « salon des refusés », ou de l’agence Gamma ? Loin de ces débats toujours sans issue, les internautes et les blogueurs honorent la Fête de la musique sans uniquement télécharger des fichiers MP3 ! Certes, la perspective de passer la soirée du 21 juin devant son écran de PC n’est pas franchement séduisante. Mais des initiatives intéressantes ont été montées en ligne à l’occasion de la Fête de la musique. Des sortes de Star Ac sur le web sont en train d’émerger.Première idée, celle du site www.cyberfete.net événement organisé par le Geste (Groupement des éditeurs de services en ligne) qui ouvre depuis le 15 juin un blog aux internautes souhaitant envoyer un texte en rapport avec la musique : souvenirs, chronique de disque, débat, idée de site… tout est permis, mais une présélection est effectuée avant la mise en ligne. Si vous êtes inspirés, envoyer votre message à : blog@geste.frDeuxième idée, plus créative, du 14 au 21 juin a lieu la deuxième édition de « blogue ta musique », en partenariat avec l’assembleur de blogues « BlogArt ». Le principe ? Ecrire, composer, dessiner, photographier sur le thème de la musique. Sur le site dédié : www.bloguetamusique.com , on découvre une trentaine de blogs musicaux dont : « je dis ça, je dis rien », « Le blog qui gratte », « Turcozik », « Vielle à roue en Bretagne »… L’envie d’utiliser Internet pour écouter de la musique se traduit aussi par l’envie d’en produire. Un bon signe pour les professionnels du secteur qui commencent à sentir que l’industrie de la musique n’est pas uniquement celle du disque, et qu’une prise de risque plus grande en faveur des jeunes compositeurs, des cafés-concerts, des nouveaux réseaux … redonnerait du baume au cœur au secteur. Et sans doute aux majors du disque qui méritent assez leur rôle actuel de bouc émissaire, mais qui ne sont pas les seules responsables de cette perte de lien entre les artistes et leur public. Jean de ChambureRédacteur en chef

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