Quel avenir pour la communication visuelle dynamique ?

28 mai 2010 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Le potentiel créatif et économique pour le digital signage est loin d'être négligeable. Mais sous conditions : contextualisation et respect de la vie privée.

Par Rémi Rousseau, senior project designer, spécialiste des interfaces et des médias chez faberNovel.
Il y a quelques jours, station Villiers, je suis tombé nez à nez avec un écran, étrange monolithe qui cherchait à me vanter le nouveau Freddy. Cela m’a rappelé la polémique suscitée par ses prédécesseurs qui a conduit à leur démantèlement. L’écran qui continuait d’afficher en boucle ses animations agressives m'a surtout fait réaliser à quel point la communication visuelle dynamique (digital signage) avait plus de potentiel que ça. Devant l’imposante stèle, j’éprouvais le même scepticisme que face aux pop-up BananaLotto il y a dix ans sur internet ; à l’époque on testait des formes de publicité de plus en plus intrusives pour attirer l’œil et espérer la monétisation de son contenu. Le lancement des Adwords/AdSense par Google en 2001 a été une vraie révolution, démontrant qu’un utilisateur est prêt à accepter un message publicitaire quand celui-ci l’aide ou le concerne dans sa tâche.
La vie privée en jeu
Pour construire le futur de la communication extérieure, il est critique de respecter ces deux facteurs qui ont entraîné le succès de Google : contextualisation et respect pour l’utilisateur. La contextualisation est un enjeu déjà remporté technologiquement : la personnalisation du contenu est permise par des solutions qui identifient plus ou moins précisément le nombre, l’âge et le sexe des spectateurs devant l’écran. Plus intéressant - et plus inquiétant -, il n’est pas irréaliste de penser que ces écrans accèderont bientôt aux informations "publiques" que leurs spectateurs laissent sur Internet (comme leurs profils facebook) avec ou sans leur consentement… Un média en "one-to-few", capable de s’adresser à plusieurs spectateurs de manière ciblée en même temps, peut sûrement avoir une utilité informative, ludique voire sociale.
Un potentiel indéniable
Et dépasser tout ce qui s’est fait en matière de communication extérieure jusqu’ici. Les technologies telles que les écrans multitouch ou la reconnaissance de geste offrent de vraies possibilités d’interaction entre le spectateur et le message. Le digital signage pourrait ainsi être une forme nouvelle de divertissement social, un support artistique à part entière se fondant dans un environnement particulier, ou encore un service public où la publicité s’insère harmonieusement, comme le préfigure l’écran tactile que JCDecaux a conçu avec faberNovel sur l’abribus Opéra - 4 septembre. Le potentiel créatif et économique d’une communication extérieure numérique est fabuleux, comme l’était il y a dix ans celui de la publicité sur Internet. C’est avant tout le respect pour l’utilisateur et sa vie privée qui détermineront si ces écrans sont amenés à faire partie de nos vies quotidiennes ou à être redémontés dans un futur proche. Celui de Villiers, en tout cas, est déjà en mille morceaux…

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