Bienvenue dans un monde de capteurs!

Renaud Edouard-Baraud

Renaud Edouard-Baraud

Directeur général de L'Atelier BNP Paribas Asia

L'Atelier

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31 mai 2007 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

L'homme connecté n'aura pas forcément le cerveau relié au réseau. Mais il sera bardé de capteurs, si le modèle économique existe...

L'homme connecté n'aura pas forcément le cerveau relié au réseau. Mais il sera bardé de capteurs, si le modèle économique existe.
 
Logés dans les pompes des spécialistes du traitement de l'eau, dans les robots chargés d'assembler les voitures, les capteurs font partie du cycle de vie industriel. Ils feront bientôt partie du cycle de vie de l'humain et de son environnement. Les laboratoires de recherche travaillent depuis longtemps sur l'insertion de senseurs dans les objets usuels. Certains comme le Japonais Hitachi se concentrent sur les montres. D'autres, comme le LETI du Commissariat à l'Energie Atomique, sur les vêtements. Dans ces deux cas de figure, il s'agit  de faciliter l'apparition de la télésurveillance médicale pour des patients traités à domicile.
 
Du jogging au kidnapping
 
On peut aussi penser à la surveillance des nourrissons dans les maternités pour éviter les kidnappings. Certains imaginent même de surveiller à distance tout être humain, même en bonne santé, afin de prévenir les risques tels que les accidents cardiaques. Sans compter Nike et Apple qui relient des capteurs dans des chaussures de course au baladeur numérique, dans un contexte moins médical... Depuis, l'intérêt ne s'est pas démenti. Pour preuve, le lancement cette année de l'initiative Biotex financée par l'Union Européenne, et impliquant encore une fois le CEA. Ou encore l'initiative du gouvernement américain qui prépare un bouclier contre les attaques biologiques ou nucléaires. Celui-ci pourrait être constitué de capteurs embarqués dans les téléphones mobiles.
 
Un projet qui ne verra jamais le jour
 
Un mouvement irrémédiable? Oui, à condition que se mettent rapidement en place des modèles économiques viables. Dans le cas contraire, tout finira comme le projet Neuromancer. Ce projet avait pour but de créer un système informatique capable de connecter et de partager de l’information - pouls, fonctionnement du cœur, etc - issue de millions de capteurs biométriques connectés au réseau par intermittence. Le hic est que le modèle prévoyait un financement à la charge des hôpitaux, alors que le bénéfice économique allait principalement aux sociétés d’assurance. En outre, l'architecture technique choisie s'est avérée trop simple pour le système de santé américain, constitué de silos non communicants, et trop complexe pour l'Europe, dont les pays membres disposent déjà d'architectures informatiques centralisées. Résultat: Neuromancer restera dans les cartons.
 
(*) Une bonne raison pour se rendre à la quatorzième édition de Transducer (du 10 au 14 juin à Lyon), l'exposition internationale consacrée en partie à ce type de recherche.
 
Renaud Edouard-Baraud
Responsable éditorial de L'Atelier

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