Blanchiment : les nouvelles armes technologiques

31 octobre 2002 Laisser un commentaire

Dans l’éternelle bataille entre les gendarmes et les voleurs, preuve a souvent été faite d’une grande créativité, notamment dans la course aux technologies. Avant l’heure des analyses ADN...

Dans l’éternelle bataille entre les gendarmes et les voleurs, preuve a souvent été faite d’une grande créativité, notamment dans la course aux technologies. Avant l’heure des analyses ADN ou des transferts massifs d’argent sur l’Internet, la puissance d’une automobile pouvait permettre à un malfaiteur de s’échapper. La virtualisation et la mondialisation des échanges ont participé à cette mutation majeure de la criminalité. Profitant des différences de législation et d’une communication parfois limitée entre les établissements bancaires et les gouvernements touchés, les blanchisseurs d’argent se sont engouffrés dans les failles du système. La technique de l’empilement, qui consiste à fragmenter des sommes considérables issues d’une activité criminelle vers une multitude de destinataires intermédiaires, a trouvé un nouvel essor. Car il n’a jamais été plus facile de donner un ordre de transfert qu’avec l’Internet, en s’appuyant par exemple sur des comptes bancaires hébergés par des banques en ligne. Le contrôle de l’identité du client au sein d’une banque virtuelle se révèle moins aisé que chez une banque traditionnelle, qui pratique le face à face. Cela rend ainsi l’établissement en ligne plus fragile face au blanchiment. Par ailleurs, la défaillance des systèmes de transfert électronique de fonds en matière de « traçabilité » de l’émetteur, encourage la combinaison des techniques traditionnelles et modernes pour un résultat optimal. Le système ancien, connu sous le nom d’Awallah (du mot hindou « tribu ») consiste à transférer des sommes importantes d’un pays à l’autre – d’occident en orient par exemple- pour le réinjecter sous une forme plus légale et produire des fruits en toute régularité. Le recours à ce type de transferts et le passage par des bureaux de change traditionnels, rend la détection quasi-impossible. En la matière, l’inventivité est reine et les seules limites des blanchisseurs sont celles de leurs moyens financiers et de leurs propres astuces. Les évènements du 11 septembre 2001 ont donné à la lutte anti-blanchiment une nouvelle vigueur, du fait de la proximité des activités du blanchiment et du terrorisme, et amené ce thème au faîte de l’actualité. Les organismes internationaux et financiers comme le GAFI et la commission bancaire, ont demandé une meilleure implication des établissements financiers sur l’identification des clients douteux, possibles terroristes. Cette demande constitue pour ces établissements des conséquences tant stratégiques qu’organisationnelles, ce qui représente pour les banques françaises et européennes, un nouveau chantier à mettre en œuvre. C’est pourquoi l’Atelier BNP Paribas a décidé de réunir les principaux acteurs de la lutte contre le blanchiment d’argent, le 24 octobre prochain, au cours d’une conférence dédiée à ce sujet. Pour plus d’information :cliquez ici Anne Choktsang-Kappelhoff Analyste à l’Atelier

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