La bonne étoile de Talend

Jean-David Chamboredon

Jean-David Chamboredon

Directeur Associé en charge du Capital-Risque

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01 octobre 2009 1 commentaire

Quelques bières à Menlo Park où il vit depuis deux ans et un café à Paris où il était de passage m'ont permis de faire plus ample connaissance avec Bertrand Diard, PDG de ce leader mondial des solutions ETL open-source.

Jean-David Chamboredon, capital-risqueur depuis une dizaine d’années nous raconte l’histoire d’une start-up prometteuse.
Bertrand et Fabrice Bonan se sont connus en 2002 au sein d'une SSII dans laquelle ils travaillent sur des projets d'intégration de données. Ils font alors deux constats fondateurs du projet Talend :
1) Ces projets sont financièrement très lourds. Au-delà, du temps d’ingénieur nécessaire à leurs réalisations, il faut y inclure des licences logicielles très onéreuses acquises auprès d’éditeurs (Informatica, Ascential...).
2) Si le marché de l’"ETL for analytics" est un marché de 1 à 2 milliards de dollars, celui de l’"operational ETL" (migration/synchronisation des données entre systèmes) est sans doute proche de 10 milliards et est moins bien adressé.
Ce n’est qu’en 2004 que Bertrand et Fabrice envisagent le modèle open source pour l’éditeur de logiciels dont ils préparent le lancement sur ce dernier marché. Le succès de MySQL (acquis début 2008) sous license GPL y est sans doute pour beaucoup. Comme disait l’autre "Free does not exist, value just moves".
Une sortie du bois en 2005
Un éditeur de logiciel propriétaire qui veut intégrer un "logiciel libre" dans ses solutions doit avoir un accord commercial de type OEM en place s’il ne veut pas que son code soit "contaminé" et devienne également open source. De même, un DSI qui souhaite la version avec "cluster" et bénéficier du support sur une brique open source doit acquérir la version "commerciale" de ladite brique. Nos deux compères sortent du bois en 2005. Mais s’ils font face à un marché de "remplacement" de taille significative, la place de leader mondial est la seule qui compte dans une telle aventure. Ils l’obtiendront sur le web où la version libre de leur logiciel est téléchargeable. Quatre ans après, c’est un "download" par minute que leur site sert. Financé initialement par 2 VCs Français (Galiléo & AGF PE) en deux tranches, Talend a convaincu Bernard Liautaud. Le fondateur de BusinessObject et partner chez Balderton a pris le "lead" d’un tour de 12 millions de dollars.
Un dilemne agréable
Pour Liautaud, il s’agit du premier "deal" dans le métier de capital-risqueur. Vu son passé, Talend ne pouvait rêver mieux pour l’aider à piloter son déploiement mondial. Même si la trajectoire de chiffre d’affaires de Talend est spectaculaire (700 % de croissance en 2008 et plus de 100 % en 2009), la croissance coûte. Il lui faut des commerciaux pour signer les contrats - un à deux nouveaux clients "payant" tous les jours - et des "techies" pour supporter les systèmes de ces clients. Et l'éditeur vient de réaliser sa première acquisition. Nul doute que Talend est déjà dans le "radar screen" des grands éditeurs de logiciels. Faudra-t-il céder à leurs sirènes s’ils offrent prochainement une somme proche de 100 millions de dollars pour acquérir Talend ? Ou faudra-t-il attendre d’avoir construit une société introductible en bourse et valant plusieurs centaines de millions ? C’est le dilemme auquel vont faire face Bertrand, Fabrice et Bernard. Un dilemme pas simple, mais pas si désagréable que cela !

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Quels sont les chiffres depuis 2006 ? CA et résultat de 2006 à 2009 ?

Soumis par Albert (non vérifié) - le 21 avril 2010 à 16h54

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