La "Chili con Valley" de 2013 a-t-elle atteint ses objectifs?

Anne-Sophie Dutat

Anne-Sophie Dutat

Entrepreneuse et co-fondatrice de FancyBox

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04 novembre 2013 2 commentaires

Retour en 2010: le gouvernement chilien dans le cadre du mandat présidentiel de Sebastien Pinera sélectionne des startups de moins de 2 ans d’existence, venant du monde entier, pour venir développer leur projet au Chili pendant 6 mois. 3 ans après, l'écosystème s'est-il développé ?

 

Depuis les débuts du programme, chacune de ces jeunes entreprises reçoit un financement de 40 000 dollars, un visa de travail d’un an pour chacun des membres de l'équipe et peut disposer de bureaux gratuits dans le centre ville de Santiago. Aucune prise de capital n’est exigée en contrepartie et il n’y a pas non plus d’obligation d’immatriculer son entreprise dans le pays. Le programme demande néanmoins à chaque entrepreneur de participer à promouvoir et développer la culture de l’entrepreneuriat par le biais d'événements et conférences, de rencontres avec des étudiants ou en faisant du mentoring auprès d’entrepreneurs chiliens en herbe. La Startup sélectionnée  doit également être de portée internationale tout en se basant sur l’économie locale chilienne durant son séjour dans le pays. L'objectif de Start-up Chile: positionner le pays comme pôle de l'innovation et de l'entrepreneuriat latino-américain capable d'attirer des talents au sein du pays.

Il est estimé que plus de 28 millions de dollars de fonds ont été levés par des entrepreneurs ayant participé au programme de Startup Chile. Durant ces trois années, ce sont déjà plus de 750 startups venant de plus de 65 pays dont 11 projets français qui sont venues faire leur apprentissage dans les couloirs  du Centre Innova Movistar qui accueille ces bataillons d'entrepreneurs.

Les grands groupes s'intéressent au pays

De son côté, le département Venture Capital de Movistar Innova de Téléfonica via son incubateur Wayra a également plus de 600 entreprises enregistrées depuis sa création en 2011. Un Wayra qui par ailleurs signe un éventail de contrats de collaboration avec plusieurs entreprises de renom telles que MercadoLibre, Paypal ou encore Evernote pour accompagner, solidifier et booster le développement de solutions technologiques innovantes en Amérique du Sud.

Mais Telefonica, n'est pas la seule institution publique à miser sur le Chili : le géant Google a annoncé l'établissement au Chili de l'un de ses data-center, misant ainsi sur la croissance rapide de l'Internet dans la région. Avec une ouverture prévue fin 2013, Google a choisi d'établir son centre à Quilicura au Chili car le pays offre une combinaison idéale d'infrastructures de confiance, des équipes expérimentées et une exigence de transparence et sérieux, dans un contexte croissant d'innovation.

Entreprendre plus simplement

Tout d’abord, le Chili a une situation économique et politique beaucoup plus stable que les "grands" pays sur le devant de la scène comme l’Argentine et le Brésil, ce qui fait de Santiago un point de départ idéal pour viser le marché d’Amérique Latine. Depuis janvier 2013, il est possible de créer son entreprise au Chili, en 24h, en ligne, et de manière totalement gratuite.

Autant d’initiatives qui facilitent la vie des entrepreneurs, qui peuvent alors se concentrer sur le développement de leur entreprise. Le grand défi repose sur la faculté du Chili à conserver sa ligne de conduite favorable aux Startups au moment du changement de Président en mars prochain, et surtout à retenir ses entrepreneurs au Chili. Pour cela, consolider la présence des acteurs du Capital risque est primordial. Et cela peut être possible en faisant rentrer les capitaux étrangers dans le pays.

Dépasser l'appréhension du risque

Rappelons  que l’écosystème startup de l’Amérique Latine a souffert jusqu’à récemment d’une société peu encline à la prise de risque et du manque de capital d’amorçage pour inciter à la création. Mais cela est en train de changer rapidement : des entrepreneurs à succès commencent à passer la main et à soutenir les jeunes pousses. C’est le cas notamment de Herman Kazah, fondateur de Mercado Libre (le eBay de l’Amérique latine, valorisé à $3 milliards au NASDAQ) qui a crée Kaszek, le plus gros fonds d’investissement de la région. On voit également de nouveaux fonds apparaitre comme Nazca Venture à Santiago ou venu directement de la Silicon Valley, The Founder Institute.

La Corfo qui finance le programme de StartupChile a donc créé deux autres fonds pour financer les fonds d'investissement qui souhaitent venir s'installer au Chili. Deux premiers acteurs reconnus en Amérique Latine ont bénéficié de ce financement public. L'un, Amerigo (le réseau de Venture Capital de Téléfonica, déjà actif en Espagne, Brésil et Colombie), est installé à Santiago sous le nom d'Inversur. Il a reçu près de 14millions de US$ de La Corfo pour sécuriser sa présence au Chili. Le second est NXTPLABS, l'incubateur à succès venu de Buenos Aires qui a reçu de son côté 10 millions de US$ à investir avant 2023 pour ouvrir des bureaux de l'autre côté de la cordillère des Andes. Aucun des deux n'a pour l'instant pris de participations mais reconnaissent que le Chili est une plateforme solide en Amérique Latine, une terre d'accueil où entrepreneurs comme fonds étrangers restent attendus et bienvenus!

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2 Commentaires

Bonjour, je suis un ancien élève de l'école spéciale de paris. Et aimerai savoir les modalités et où m'adresser pour ouvrir un startup au chili dans le domaine de l'aéronautique. Merci de me contacter à mon adresse mail.

Soumis par sabatier (non vérifié) - le 27 novembre 2013 à 18h51

mon adresse est masterspecial@hotmail.fr

Soumis par sabatier (non vérifié) - le 27 novembre 2013 à 18h52

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