Crowdsourcing : retour sur les concours et plates-formes d'entreprise

18 mars 2011 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Beaucoup de sociétés s'ouvrent au public pour résoudre une interrogation ou améliorer un produit. Un choix central est celui de centraliser ou décentraliser les différentes phases du processus.

Commençons par un rappel : le crowdsourcing consiste à faire appel à un large nombre de personnes, généralement en s’appuyant sur une diffusion par Internet. Les objectifs varient : trouver des idées (Dell Ideastorm), des moyens financiers (crowdfunding comme chez  Kickstarter aux US ou Ulule en France), trouver la réponse à une question (comme sur Quora) co-créer (Quirky) ou résoudre des problèmes sociétaux (comme dans l’initiative OpenIdeo). Une forme particulière sont les grands concours à la Google (10^100). Mais dans tous les cas, l’un des choix essentiels est la centralisation ou décentralisation de chaque phase du procès de recherche de solutions. Un minimum de trois étapes est au cœur de toute démarche de crowdsourcing : la formulation de la demande, le recueil des proposition, et enfin le choix des réponses. Si par définition il y a toujours plusieurs répondants dans la phase 2 et qu’elle est donc décentralisée, les phases 1 et 3 peuvent être centralisées ou décentralisées.

Choisir…

Les grands concours centralisent généralement les phases 1 et 3 – comme lorsque la NASA cherchait à améliorer les gants utilisés dans l’espace : la demande est formulée par l’organisateur qui fait aussi le choix final des réponses. Dans certains cas, la réponse attendue est clairement quantifiable, comme lorsque Netflix voulait améliorer son algorithme de suggestion de DVDs: il s’agissait d’atteindre la marque des 10 % d’amélioration. La phase trois était alors une phase de vérification plus que de choix. Mais si ces cas sont idéaux en termes de confiance et de sens de la compétition, ils sont rares. Certaines organisations combinent les différentes approches : sur son site Connect & Develop, Procter & Gamble cherche des solutions pour des besoins précis de recherche. Les demandes sont centralisées. Mais P&G sollicite également des propositions spontanées d’innovations. Le choix final en phase 3 reste dans les mains de l’entreprise. Cela permet de trouver des réponses à des questions que l’on ne s’était pas encore posées, mais demande plus de travail de tri.

…Ou combiner

Dans le cas des propositions spontanées, l’entreprise doit non seulement vérifier si la proposition répond à un besoin identifié et défini et si elle peut l’implémenter. Il peut faire sens de décentraliser les demandes  lorsque les contributeurs sont essentiellement les utilisateurs des produits : c’est le cas d’Ideastorm de Dell, où le procès oscille entre centralisation et décentralisation. Si je pense que la carte graphique standard de Dell devrait être améliorée pour que je puisse jouer à mon jeu favori, je peux poster ce besoin. Ensuite, d’autres utilisateurs peuvent voter pour ma demande. La validation finale et l’implémentation sont entièrement prises en charge par Dell. Cette méthode permet de voir si une idée d’amélioration ou de produit intéresse beaucoup d’usagers. Avec plus de 1000 votes pour certaines idées, les décisions finales de Dell sont très bien informées : le vote fait fonction d’une petite étude de marché.

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