Le divertissement, une troisième dimension pour les services sur le web

Stéphane Distinguin

Stéphane Distinguin

Fondateur et gérant de faberNovel, président d'af83 et de Silicon Sentier

faberNovel,af83 et Silicon Sentier

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26 février 2010 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Le jeu entre en force dans les applications et les services digitaux. Il permet enfin de parler d'expérience utilisateur, et libère une dynamique de création sans précédent.

Par Stéphane Distinguin, fondateur et gérant de faberNovel, président d'af83 et de Silicon Sentier.
Alors qu'on passe désormais plus de vingt-huit heures par mois sur le web en France, comment fidéliser son audience et la conserver le plus longtemps possible ? Il faut de la surprise, de la nouveauté. L’introduction du divertissement comme principe même des services est ce qui me semble le plus passionnant dans leur évolution sur le web, fixe ou mobile. Trois entreprises me paraissent remarquables : FourSquare, TheSixtyOne et Chatroulette. Le premier permet de créer un réseau social géolocalisé. On joue depuis son mobile avec sa position, on récolte des points, on obtient un classement et des badges qui sont comme des grades. Les enseignes sont même arrivées depuis peu avec un modèle économique (coupons) et sans afficher leur publicité directement. Elles ne se superposent pas, mais contribuent au "game play". Le deuxième, The Sixty One est sans doute le site le plus captivant depuis longtemps.
Fidéliser par le jeu
On y découvre des artistes en plongeant dans son écran. Je suis persuadé qu’un nouvel MTV, 30 ans plus tard, pourrait ressembler à ça. Chatroulette enfin crée la "fortuité" de la messagerie instantanée, en vidéo ! Des concerts s’y tiennent. Reste que la raison de la dernière place de Chatroulette dans ce top éphémère, c'est que l'on voit plus de gens dont l'envie de roulette vidéo semble plus lubrique que ludique... Ces trois sites ont pour caractéristique commune de vous proposer de revenir souvent, motivés par la qualité de l’expérience et son aspect divertissant. On y progresse, on découvre, on (se) surprend : l’information et la participation ont un sens nouveau via le jeu. Je ne compte plus les fois où j’ai entendu demander ce que serait le web 3.0. Pas de réponse. Il fallait sourire l’air entendu, car après le web 2.0, par définition un nouveau buzz word (real time ?) prendrait.
Un nouvel espace de création
Mais si je devais enfin répondre à la question, je dirais qu’après le 1 avec les tuyaux, le 2 avec les utilisateurs, le 3 est dynamique. Celui du service offert et de son design qui devient l’enjeu de la relation. Le design est roi, il est partout. Il existe donc une troisième dimension, chiffrée par analogie avec la géométrie plus qu’avec le "versioning" informatique. Je ne saurais trop inciter les créateurs et les opérateurs à s’emparer de ce nouvel espace de création et de développement riche, de s’inspirer de FourSquare, The Sixty One ou même Chatroulette. Cette dimension présente l’avantage de pouvoir être ajoutée à un service existant. Ce, tant que l'activité permet la surprise et le retour réguliers par un principe clair de divertissement. Et gare à ceux qui ne veulent que la performance à court terme. Car là, c’est Pascal, qui n’était pas bon en développement informatique mais s’y connaissait quand même pas mal en marketing qui conclut : "un R.O.I. sans divertissement, (c’) est un homme plein de misères".

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