E-commerce en Chine : les entreprises étrangères ne sont pas condamnées à échouer !

01 mars 2010 1 commentaire

Lorsque l'on observe la situation des entreprises françaises présentes dans la vente en ligne, le bilan n'est pas bien rose. Pourtant, l'Empire du Milieu n'est pas inaccessible.

Par Patrice Nordey, directeur de L’Atelier en Asie
Certains fleurons du web français ont réussi à se faire une place, tel Viadeo, avec son entrée au capital du chinois Tianji en 2006. Mais trouver d'autres exemples est difficile. Pour Meetic, arrivé en fanfare la même année en rachetant eFriendsnet, l'aventure n'aura duré que trois ans. En janvier 2009, son fondateur Marc Simoncini s'est résolu à jeter l'éponge et à constater que le service ne décollait pas. Le site aurait englouti plus de 18 millions de dollars d'investissements auxquels se seraient ajoutés 2 à 3 millions d'euros de déficits opérationnels engendré sur les comptes du groupe. Pour Netvibes, autre fierté du "French Web", l'aventure n'a pas dépassé la prise de contact avec le marché. Son modèle d'affaires est trop incertain pour imaginer rentabiliser un jour ses services en Chine. Du côté de la vente de produits en ligne, c'est le désert. Malgré les plus de 384 millions d'internautes chinois en mal de consommation, aucun distributeur français présent sur ce sol n'a encore réussi à faire de l'Internet un canal de ventes significatif.
Alibaba en ligne plus fort que Carrefour
Pourtant, le marché chinois du e-commerce explose. Son leader, le Groupe Alibaba, réalise à lui seul sur Internet déjà plus que Carrefour (116 hypermarchés, 40 000 employés) et Wall-Mart (147 hypermarchés, 50 000 employés) réunis. Sa filiale Taobao, dédiée aux particuliers, réalise ainsi 1,4 % du commerce de détail. Soit 3 à 4 millions de colis expédiés tous les jours partout en Chine. Avec 80 % de parts de marché, Taobao est aussi devenu un formidable "aspirateur de trafic" sur Internet. Plus de 20 millions de visiteurs uniques par jours qui génèrent plus de 600 millions de pages vues quotidiennement. En France, les meilleurs sites français de e-commerce tels que PriceMinister réalisent environ 10 millions de visiteurs uniques par mois. Légèrement en dessous, 3Suisses, La Redoute, la Fnac et Cdiscount oscillent entre 7 et 8 millions. Les entreprises françaises n'ont cependant pas à rougir. Elles ne font pas pire que toutes celles étrangères, d'Europe ou des Etats-Unis.
Les entreprises américaines ne font pas mieux
Globalement, toutes peinent à trouver la bonne approche du marché. Certaines marques étrangères commencent à le faire, en concluant des accords avec les plates-formes chinoises d'e-commerce. Uniqlo, le distributeur japonais de vêtements qui ne disposait encore que d’un nombre limité de boutiques en Chine, a choisi de s’associer à Taobao pour accélérer son développement local. Sur le papier, des solutions existent. Mais sur le terrain, encore faut-il savoir comment approcher les entreprises chinoises et nouer des partenariats. A noter, une prudence par rapport aux chiffres : le taux de pénétration de l'Internet entre la France et la Chine n'est pas comparable. 70 % pour le premier, contre 25 % pour le second. Il en est de même pour la population, puisque la France compte environ 62 millions d'habitants, contre près d'1,4 milliards en Chine.
(*) Dans le cadre du programme DIGITAL CHINA, le bureau de Shanghai de L'Atelier conseille les entreprises dans leur stratégie e-commerce en Chine.

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1 Commentaire

bonjour,
merci pour cet article, la barrière culturelle semble très importante pour s'installer en Chine, même en e-commerce, à bientôt

Soumis par Ecommerce Wall (non vérifié) - le 02 mars 2010 à 00h31

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