Education et nouvelles technologies au Brésil : un marché gigantesque

Alexandrine Brami

Alexandrine Brami

Cofondatrice et CEO

Digital Factory Brazil

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02 décembre 2013 1 commentaire

Oubliez tableau noir, cahiers et livres ! De nouveaux outils comme les vidéo-conférences et les jeux éducatifs se diffusent à l’école et dans les universités. Cette nouvelle tendance, nommée EdTech aux États-Unis, émerge au Brésil encouragée par une poignée de start-up orientées éducation..

Jusqu’à la fin des années 1970, le Brésil a investi peu dans l’éducation – moins de 2% du PIB. Conséquence : le pays connaît un retard important qui se reflète directement dans la faible productivité de la main d’oeuvre. Il est actuellement en phase de rattrapage : depuis dix ans, le budget de l’éducation est passé de 4,5% à 6% du PIB.  Et les royalties du prétrole devraient permettre d’injecter 40 milliards d’euros supplémentaires jusqu’en 2022.

Bonne nouvelle pour les 5-19 ans, qui représentent 50 millions de Brésiliens, soit le quart de la population. Bonne nouvelle, aussi, pour le secteur privé, car les pouvoirs publics n’auront pas les moyens, seuls, de répondre aux enjeux structurels : universalisation de l’accès au savoir, équipement des écoles, amélioration de la qualité des contenus éducationnels, formation des professeurs.

Des opportunités à saisir au Brésil pour les start-up éducatives

Et pourtant... l’éducation scolaire ne semble pas (encore) susciter l’engouement chez les entrepreneurs brésiliens et le marché est loin d’être saturé. Du moins, c'est la conclusion de l'étude Oportunidades em Educação para Negócios Voltados para a População de Baixa Renda no Brasil, publiée en août par l'Institut Inspirare qui dresse un tableau détaillé des carences en matière de biens et services éducatifs destinés aux couches populaires.

Qui dit carences, dit opportunités pour les start-up et PME, les grands groupes internationaux du secteur semblant préférer investir sur le marché, lui aussi prometteur, de la formation universitaire.

Quelques jeunes pousses brésiliennes l’ont compris qui mettent l’innovation technologique au service de l’éducation primaire et secondaire. C’est le cas d’Evobooks spécialisée dans l’édition électronique qui propose aux écoles des livres numériques en images 3D. C’est aussi le cas de Descomplica, une boîte à bac en ligne pas chère et performante, soutenue par Gavea Angels, Valar Ventures, Valor Capital Group, 500Startups, EL Area et The Social+Capital Partnership.

Nouvelles technologies et éducation : deux exemples fleurissants au Brésil

Ces start-up utilisent des outils testés et validés sur d’autres marchés, tels que les vidéos, applications ou jeux… mais en les adaptant pour répondre aux besoins et aux attentes de la population brésilienne.

Les fondateurs d’Evobooks, Carlos Grieco et Felipe Rezende, sont partis d’un constat simple : les tablettes et tableaux blancs interactifs devraient se diffuser rapidement dans les écoles publiques et privées, bénéficiant du soutien du gouvernement fédéral. D’où l’idée de proposer des contenus numériques adaptés aux cursus scolaires, enrichis d’images et d’animations 3D inspirées des jeux vidéos dont sont friands les Brésiliens. Ces livres-applications permettent aux enseignants d’utiliser en salle de classe les multiples fonctionnalités des nouveaux supports de lecture et de stimuler la jeune génération rétive à la lecture immersive. Ils sont vendus sous licence pour moins de 10 euros et, une fois téléchargés, sont disponibles offline, atout majeur dans un pays marqué par d’énormes disparités d’accès à internet haut débit. Pour le moment, six disciplines sont disponibles : mathématiques, physique, chimie, biologie, histoire et géographie.

Descomplica (« Décomplique » en français), de son côté, s’adresse aux futurs bacheliers et se présente sous la forme d’une plateforme de cours vidéos en ligne. Créée en mars 2011 par Marco Fisbhen, professeur de physique, elle propose 4000 leçons vidéos dans huit matières clés, des cours en live et un système de tutorat individualisé. Le site enregistre plus de 500.000 visites par mois. La clé du succès ? Une offre d’abonnement ultra simplifiée avec deux formules (7 euros par mois ou 30 euros par an), un prix accessible aux couches populaires (2/3 des abonnés), et des professeurs charismatiques visibles au premier plan (différence avec la Khan Academy), recrutés dans les meilleures écoles privées et payés à prix d’or pour engager et inspirer les élèves.

Pour se développer, les entreprises innovantes pourront compter sur les accélérateurs, incubateurs et investisseurs brésiliens et étrangers qui croient de plus en plus au potentiel de ce marché.

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1 Commentaire

"le Brésil a investi peu dans l’éducation – moins de 2% du PIB. Conséquence : le pays connaît un retard important qui se reflète directement dans la faible productivité de la main d’oeuvre. "
Voici donc votre critère de la réussite ou du retard éducationnel ? Oublions avec vous l'esprit des Lumières, sans doute obsolète.
Merci pour vos lumières, Madame.
Miguel

Soumis par mennig (non vérifié) - le 23 décembre 2013 à 23h08

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