Entre utilisateurs et éditeurs de solutions, c'est je t'aime moi non plus

Anthony Poncier

Anthony Poncier

Associé et «social business director» EMEA

Publicis Consultants Net Intelligenz

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05 mars 2012 3 commentaires
Mots-clés : Europe

Le collaboratif/social n'a pas attendu les éditeurs pour exister. Mais s'il y a une telle accélération ces derniers temps, c'est bien grâce à leurs outils*. Pourtant il existe encore parfois un fossé entre le public et ces derniers.

On ne va pas se mentir, la plupart des conférences n’existeraient pas sans des sponsors. Or, dans la majorité des cas les sponsors sont des éditeurs. Pourtant, lors de la session de l’Entreprise 2.0 summit, spécifiquement consacrée aux éditeurs de solutions (les sponsors en l’occurrence), la prestation a été assez mal reçue par l’audience. Le tweet wall derrière eux était là pour en témoigner en direct. A la sortie de cette session, beaucoup de gens ont eu des mots assez durs pour le panel d’éditeur qui venait d’intervenir. Ils attendaient une vision un peu prospectiviste sur ce que les éditeurs allaient proposer dans le futur et sans doute une plus "franche camaraderie" (un peu bisounours peut-être, on est dans le monde du business avec des concurrents). Résultat, ils on eu l’impression de voir une foire d’empoigne où chacun mettait en avant le collaboratif pour mieux "faire l’article" et débiner son voisin.

Peut-il y avoir des conférences sans éditeurs ?

Déjà, à la Boston Enterprise 2.0 Conference, beaucoup regrettaient que les éditeurs soient aussi présents (ils siègent au niveau de l’organisation de la conférence) et ont eu l’impression de participer de plus en plus à une foire commerciale. Cela veut-il dire que les éditeurs ne doivent plus participer à ce type d’événement ? Loin de moi l’idée de prétendre cela, et surtout que je suis persuadé qu’ils ont toute leur place, au contraire. Après, la méthode est sans doute en partie à revoir. Pas sûr que ce type de table ronde soient la bonne solution, trop commerciale pour les gens assistant à ce type d’événement. Quand CBRE met en avant l’ergonomie de Seemy pendant son retour d’expérience, il est leur meilleur VRP. De même, lorsque la directrice de la communication de Lagardère publicité parle de leur RSE Youme avec chaleur, tout de suite quelqu’un dans l’assistance a demandé qui était l’éditeur derrière ce nom (YoolinkPro en l’occurrence), car on voit que la solution l’a conquise.

Un équilibre à trouver ?

Durant la session sur l’open innovation, Visteon a montré avec conviction ce que 3DSwYm de Dassault Système a permis de réaliser chez lui grâce à la 3D et c’était beaucoup plus convaincant qu’un discours commercial. La participation de Luis Suarez d’IBM à ce type d’événement, sans mettre son entreprise en avant, où il fait passer ses idées de manière assez percutante est toujours appréciée, à juste titre. Mais tout le monde sait où il travaille et cela a un véritable impact, car son expertise rejaillit sur son entreprise, qui en tire les bénéfices. Rien de ne sert de rajouter des exemples de ce genre qui sont multiples. Donc pour moi oui, les éditeurs ont toute leur place, il faut sans doute juste trouver un équilibre plus social.

*Forrester prévoit pour eux un marché de 6,4 milliards en 2016

 

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3 Commentaires

Merci Anthony.
Tu as raison, il est difficile de "monter" des conférences pas trop chères et intéressantes sans l'appui du monde du logiciel.
Mais, ce qui me paraît le plus "dérangeant" ce n'est pas l'appui financier (si transparence), ni la présence, mais parfois et chez certains un "réflexe" de vendre, voir de survendre à un moment où il serait préférable d'entendre.
Heureusement, qu'il y a Suarez et d'autres (qui vendent eux aussi, mais du conseil) qui donnent à ces moments de la valeur par la mise en perspective des thèmes abordés.
Et puis, malgré toutes les études d'ergonomie du monde, dans chaque utilisateur sommeille un "concepteur", mais que celà n'empêche pas pour autant les "vendeurs" de voir plus haut, plus loin et différemment ,-)
Claude

Soumis par claudesuper - le 05 mars 2012 à 17h32

Claude,
Je crois que la vraie différence se situe entre ceux qui ont des évangélistes qui viennent parler de ce type de projet. En général et IBM est assez fort la dedans, mais ils ne sont pas les seuls, et ceux qui viennent avec des commerciaux.
Je pense qu'il faut être dans une attitude de givers et les takers deviennent au final des customers. Une économie du don ;-)

Soumis par Anthony Poncier (non vérifié) - le 05 mars 2012 à 18h20

j'ai l'impression de lire toujours la même chose sur l'Atelier. Ce n'est pas une impression c'est un monde et ses valeurs: le business. On nous parle de collaboration, d'entente, de partage, d'intérêt commun... et puis, dès que l'on parle d'humain, de conséquences, de vision, il est répondu: un peu bisounours peut-être, on est dans le monde du business avec des concurrents.
Je vous le dis, cette attitude qui consiste à considérer le monde et l'Etre comme une marchandise, sans gratuité ni liberté, est un recul de civilisation, une vision si étroite et anxiogène, qu'elle n'a aucun avenir. La preuve, nous nous auto-détruisons chaque jour un peu plus, dans notre incapacité à rééquilibrer nos vies. Ce qui est triste et ironique, c'est que les dirigeants qui vous poussent vers l'argent, l'optimisation, la déshumanisation, n'adhèrent plus à ces valeurs.

Soumis par jean bon (non vérifié) - le 04 mai 2012 à 15h46

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