Les entreprises doivent dépersonnaliser les machines

Pierre Bosche

Pierre Bosche

Directeur mondial du Conseil en technologies d'Accenture pour le secteur de la finance

Accenture

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13 novembre 2007 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

La globalisation et les nouvelles techniques de travail collaboratif doivent sonner la fin du mariage entre le poste de travail physique et les applications métier auxquelles accèdent les salariés.

Par Pierre Bosche, Directeur Général de l’activité Conseil Technologique et Intégration de Systèmes pour Accenture en France et Benelux

Définir un environnement de travail par un lieu géographique, la configuration d’un bâtiment ou un fuseau horaire n’a plus de sens. Avec mon poste de travail idéal, je dois pouvoir utiliser n’importe quel outil, n’importe où et n’importe quand, lorsque je le souhaite ou quand j’en ai besoin. Mon écosystème de travail doit également s’adapter aux nouvelles exigences individuelles et sociétales (changement générationnel, préoccupation grandissante du réchauffement climatique, développement du travail à domicile…). Je crois donc en la séparation de l’espace de travail et de l’outil physique. Les applications y prennent la forme de services car elles sont liées non plus à une machine mais à un profil d’utilisateur. Pour accompagner les collaborateurs, des applications sont mises en place afin de servir des métiers spécifiques en assurant des normes de performance prédéterminées. Egalement dans un souci de performance, la collaboration doit être accrue via des outils tels que la conférence vidéo, la messagerie instantanée, les portails et autres espaces de partage d’informations ou encore l’intégration de la voix sur IP.

Des bénéfices économiques variés

L’environnement de travail de nouvelle génération englobe tous les éléments de l’infrastructure technologique mais aussi l’information nécessaire pour assurer aux salariés d’une entreprise l’accès aux applications et aux services. De mon point de vue, les bénéfices économiques sont multiples. La productivité des collaborateurs se trouve renforcée grâce notamment à la disponibilité des outils, une interface utilisateur personnalisée ou encore l’intégration d’applications métiers. Ce nouvel environnement de travail tend également à améliorer la qualité de service avec, par exemple, des outils automatisés qui minimisent le temps de mise en œuvre des applications, incluant le management à distance, le self-help et la mise à disposition de logiciels. Ces mêmes outils permettent d’optimiser les coûts en association avec d’autres facteurs tels que la standardisation de l’infrastructure et des applications ou encore une meilleure adéquation entre le rôle métier et la configuration logiciel-matériel.

Un potentiel à mettre en oeuvre

On tend également vers plus de sécurité des systèmes (données et logiciels) en améliorant la prévention et en limitant les accès utilisateurs aux systèmes requérant la mise en œuvre de fonctions métier sécurisées. La virtualisation, la dispersion géographique et la collaboration de groupes de collaborateurs indépendants sont désormais devenues la norme. L’environnement de travail monolithique cède la place à un environnement orienté métier avec des utilisateurs constamment connectés, naturellement reliés entre eux par groupe d’intérêts/affinités et s’appuyant sur une multiplication de périphériques utilisateurs – souvent mobiles. L’environnement de travail de nouvelle génération n’est plus un concept purement théorique et futuriste, il correspond à une nouvelle réalité dans le monde du travail basée sur des outils disponibles (*) mais – je dois bien l'admettre - dont le potentiel reste à mettre en oeuvre.

(*) Selon une étude mondiale Accenture de 2006, le marché mondial des technologies pour l’environnement de travail et la mobilité va croître de 11,7 milliards en 2005 à 23,3 milliards en 2010, soit un doublement.

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