Les FabLabs ouvrent la voie à l'open hardware

Guillaume Plouin

Guillaume Plouin

Responsable de l'offre Cloud Computing et Auteur de “Cloud Computing” chez Dunod, 2011

OCTO Technology

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21 janvier 2011 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Le terme FabLab pourrait se traduire par Labo/Usine : soit un lieu où sont mises à disposition des utilisateurs des imprimantes d'un nouveau genre, qui usinent des produits en 3D. Et en open source.

Il existe une cinquantaine de FabLabs dans le monde. On y trouve des machines à commande numérique : solution à extruder le plastique, appareil de découpe laser, défonceuse à bois. On y trouve aussi une assistance à la prise en main des appareils. L’idée est de pouvoir usiner un petit objet dans un matériau unique à partir d’un modèle numérique 3D. La RepRap est emblématique de ces machines : elle permet de façonner des objets en plastique d’une dimension inférieure à celle d’un cube de 20cm de côté. Son prix de revient est d’environ 300 dollars. Et en plus, elle est "auto-réplicante", c’est à dire qu’elle sait usiner ses propres pièces... Le FabLab s’inscrit dans une tendances au "Do It Yourself" : un retour à l’artisanat pour amateurs éclairés. Le Site Etsy est emblématique de ce mouvement

Usages

C’est une place de marché d’objets faits main par les vendeurs eux mêmes. Le FabLab permet de créer des objets uniques, de petites séries ; il permet aux designers de faire du  "rapid prototyping" c’est-à-dire de tester un concept d’objet industriel à moindre coût. A ce titre, il est pour moi l’équivalent du Cloud Computing pour les objets. L'informatique dans les nuages permettant à des start-up de tester un service en ligne à moindre coût. Il permet enfin d’usiner des pièces de rechange, afin de réparer des machines dans des régions isolées. Le FabLab pourrait introduire une importante rupture dans le monde industriel. En effet, il permet à tout un chacun de retrouver une capacité à créer des objets en sortant des circuits mondialisés.

Perspectives...

Avec la facilité de reproduction, la valeur de l’objet se reporte dans le modèle numérique en 3D, créé simplement avec un modeleur gratuit, comme Google Sketchup. Et l’on voit naître une nouvelle forme de communauté libre autour des modèles 3D : celle de l’Open Hardware. Il existe d'ores et déjà un certain nombre d’objets 3D libres. En me projetant dans le futur, j’imagine qu’on pourrait voir apparaître des modèles libres d’objets d’électroménager, ou même de maisons et de voitures. Cela ouvrirait une ère d’objets moins "dernier cri" mais plus faciles à réparer et à faire durer, une petite révolution dans le consumérisme fébrile actuel. Le succès de l’Open Source dans le monde numérique pourrait bien se reproduire dans le monde réel...

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