La gestion des fréquences est absurde!

Albino Pedroia

Albino Pedroia

Consultant Média

IT Media

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05 novembre 2007 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Dans un monde où l'utilisation des médias et des moyens de communication en mobilité est en constante croissance, l'exploitation des fréquences en dessous de 1000MHz en diffusion terrestre est une nécessité impérieuse.

Par Albino Pedroia, consultant Média pour la société italienne IT Media.Les fréquences sous le millier de Mega Hertz se propagent très bien en zone urbaine, à l'intérieur des maisons et dans les sous-sols. Elles sont donc parfaites pour la communication mobile. Mais pour des raisons historiques (dans les années 50 et 60 ces bandes de fréquences étaient parfaitement maîtrisées) la télévision analogique et numérique utilise des bandes de fréquences situées en dessous de 1000 MHz pour la communication fixe pour porter les programmes dans les foyers. Il s'agit de la bande III (174-223 MHz), et des bandes IV et V (470-854 Mhz). Cette situation est commune pratiquement à tous les pays. Aujourd'hui, alors que d'autres bandes de fréquences sont parfaitement maîtrisées, l'utilisation de ces bandes pour la télévision fixe (analogique et numérique) est de mon point de vue une double absurdité : économique d'abord, parce que ces fréquences pourraient être entièrement consacrées à la communication vers les mobiles (radio, télévision, téléphonie et télécommunication en général), écologique ensuite parce que la diffusion analogique de ces programmes demande des émetteurs de forte puissance et donc très gourmands en énergie électrique.
La TV n'est pas en cause
Loin de moi l'idée de priver les Français des six chaînes analogiques terrestres et des presque quarante chaînes en clair et cryptées de la TNT. Ces chaînes peuvent aujourd'hui être diffusées par satellite ou via Internet (ADSL). Ces deux modes de diffusion, parfaitement complémentaires, sont à même de desservir les 23 millions de foyers français à moindre coût (économique et écologique) proposant, en plus des six chaînes hertziennes analogiques, des centaines d'autres chaînes. La capacité TV des satellites pour la réception fixe (banda Ku) est aujourd'hui excédentaire. D'autre part la capacité de transport de l'Internet à haut débit est en constante augmentation et à un prix décroissant. De plus, Eutelsat devrait lancer en 2011 un satellite en bande Ka (19-22 GHz) qui permettra de distribuer, à moindre prix, l'accès à Internet mais aussi des programmes de télévision. Le satellite est un des moyens de diffusion parmi les moins chers dans le domaine de la télévision.
Des fréquences pour les mobiles
En effet, la diffusion d'une chaîne du bouquet Canalsat revient à 1 centime d'euro par mois et par abonné. Qui plus est avec une consommation énergétique négligeable. Les fréquences ainsi libérées seraient entièrement consacrées à la communication vers les mobiles. Le débat actuel sur le dividende numérique serait grandement apaisé. Les opérateurs de réseau, comme TDF par exemple, trouveraient de nouveaux clients, sûrement plus rentables que les seuls opérateurs de télévision actuels. Cela paraît idéal. Mais je sais qu'une telle rationalisation ne pourra malheureusement pas se faire sans une intervention forte des pouvoirs publics et à condition de pouvoir la réaliser sur de vastes zones géographiques, comme par exemple l'Europe entière.
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