Ines va naître : les ambitions de la carte d'identité électronique

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

En savoir plus sur l'auteur

14 avril 2005 Laisser un commentaire
Mots-clés : Amérique du Nord, Europe

Après la Belgique, l'Italie, la Finlande et l'Estonie, la France devrait se lancer dans la carte d'identité électronique. Lundi dernier, en comité inter-ministériel, Jean-Pierre Raffarin a donné...

Après la Belgique, l'Italie, la Finlande et l'Estonie, la France devrait se lancer dans la carte d'identité électronique. Lundi dernier, en comité inter-ministériel, Jean-Pierre Raffarin a donné son "feu vert" pour le projet Ines (Identité nationale électronique sécurisée). L'idée est de mettre en place pour début 2007 une carte d'identité électronique, payante et obligatoire pour tous les Français dans un intervalle de cinq ans.
Cette numérisation des données individuelles commencera dès 2006 avec les passeports, et se poursuivra en 2008 pour tous les permis de conduire, ainsi que les permis de séjour. Vaste chantier ! Déjà complètement balisé ? Non. Ines va faire l'objet d'une navette entre la Cnil (Commission Informatique et Libertés) et Matignon, avant d'être présentée fin juin en Conseil des ministres.
L'objectif d'Ines est de permettre une meilleure maîtrise des données des citoyens et de réduire ainsi le coût annuel de l'utilisation de faux papiers que l'on évalue à plusieurs milliards d'euros. Sans parler du contrôle amélioré de l'immigration irrégulière. Par ailleurs, l'Etat répondra aux exigences européennes et américaines en matière de contrôle biométrique des voyageurs. Théoriquement, les Etats-Unis exigeront un passeport biométrique pour tous visiteurs dès octobre 2005…
La performance technologique de cette nouvelle carte d'identité ? La capacité de stockage d'une puce alliée à la fiabilité de la biométrie. La puce électronique de la future carte sera divisée en quatre blocs. Le premier contiendra l'état civil du détenteur : Nom, prénom, adresse, sexe, âge, lieu de naissance… Le 2 ème , ses "identifiants biométriques" : deux empreintes digitales et une photo numérique faciale*. Le 3 ème bloc, sa signature électronique. Le 4 ème mémorisera un code secret qui permettra au détenteur de la carte d'être reconnu par sa banque.
Autre ambition, grâce à un lecteur de carte (de type lecteur de disquette) dont le prix ne devrait pas excéder 10 euros, la nouvelle carte d'identité facilitera l'identification en ligne de l'utilisateur. De son côté, la Belgique a préféré une alliance avec l'éditeur Adobe pour faire plus facilement adopter la signature électronique à ses citoyens… Un choix plus pragmatique ? L'histoire nous le dira vite.
Quoi qu'il en soit, le caractère obligatoire de cette nouvelle carte couplé au faible coût prévu de son lecteur de carte pourrait inciter les Français à se sentir davantage en sécurité sur le Web. Et contribuer ainsi à la croissance déjà florissante du commerce en ligne ! Sans évoquer la facilitation des fameuses démarches administratives sur la Toile, aujourd'hui principalement cantonnées à la déclaration de revenus pour les Citoyens, demain sans doute ouvertes à tout type de requête !
Ces horizons sont bien séduisants… Mais quid de la sécurité de ces futurs entrepôts de données personnelles ? Afin de limiter les risques , ces derniers devraient être répartis sur quatre fichiers centralisés, mais bien distincts. Le premier enregistrera les données d'état civil, le deuxième les empreintes digitales, le troisième les photographies faciales, le dernier l'ensemble des données des titulaires de passeports. Ces dernières devraient par ailleurs être transmises à une base de données européenne centrale baptisée VIS (Visa Information System). Afin de mieux contrôler les frontières. L'Europe se fait là aussi. Technologiquement.
Le 13 avril 2005
Jean de Chambure Rédacteur en chef
Pour en savoir plus sur l'administration en ligne :

2005, une année charnière pour l'administration en ligne
* Le ministère de l'Intérieur envisage d'y ajouter une photo de l'iris de l'œil.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas