Les informaticiens doivent se mettre au vert

Pierre Bosche

Pierre Bosche

Directeur mondial du Conseil en technologies d'Accenture pour le secteur de la finance

Accenture

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02 juillet 2008 3 commentaires
Mots-clés : Europe

Les factures énergétiques absorbent 5 % du budget annuel global des directions informatiques des grandes entreprises. Un pourcentage qui pourrait doubler, voire tripler en cinq ans.

Par Pierre Bosche, Directeur Général de l'activité Conseil Technologique et Intégration de Systèmes pour Accenture en France et Benelux
Rares sont les entreprises qui ont fait le lien entre productivité informatique et respect de l’environnement. Jouer la "carte verte" pour les entreprises peut pourtant s’avérer un véritable atout dans leurs relations avec les clients, les fournisseurs et les investisseurs. Mais il est fondamental de dépasser ce seul atout marketing : la conscience écologique est désormais indissociable de la responsabilité citoyenne des entreprises. Les Directions des Systèmes d’Information (DSI), déjà aux prises avec leurs obligations de création de valeur, d’efficacité et de réduction des coûts, doivent désormais ajouter à leur cahier des charges la surveillance de leur empreinte environnementale. Pour atteindre cet objectif, elles peuvent s’orienter vers différentes solutions axées sur le regroupement, la rationalisation et la simplification des datacenters.
Aller au-delà de l'argument marketing
Ces derniers jouent un rôle crucial dans notre économie. Bien gérés, ils garantissent la sauvegarde des données ainsi que la reprise après sinistre, la résilience du Système d’Informations et la continuité opérationnelle. Si la simplification de ces fonctions clés n’est pas anodine, elle peut en revanche s’accompagner de solides économies d’énergie, outre les améliorations opérationnelles. Une perspective des plus intéressantes quand on mesure la concentration d’équipements informatiques au mètre carré dans les datacenters et quand on sait qu’ils représentent le deuxième poste de consommation d’énergie des entreprises, juste derrière les lignes de production. Je suis persuadé qu’en investissant dans des technologies intelligentes et moins gourmandes, les entreprises pourraient réduire sensiblement leur facture énergétique, tout en contribuant à la préservation de notre environnement. De même, elles pourraient réaliser d’importantes économies en adoptant une vision plus globale de leurs sources d’énergie.
Une vision "Green" à long terme
Il me semble également qu’une meilleure synergie entre les ingénieurs et les équipes techniques d’une part, et la direction informatique d’autre part, permettrait de lancer une "chasse au gaspi" en veillant à la qualité des câblages électriques et des systèmes de refroidissement informatique. Parallèlement, les entreprises et leurs prestataires informatiques doivent être capables d’anticiper. La durée de vie des nouveaux équipements se raccourcit et il faut donc pouvoir en garantir un recyclage efficace. L’émergence de technologies intelligentes à haute efficacité énergétique constitue une évolution importante qui arrive à point nommé. Toutefois, savoir en faire bon usage nécessite une "inflexion stratégique" de la part des directions informatiques. Si elles y parviennent, elles s’apercevront qu’elles ne répondent pas uniquement aux intérêts immédiats des actionnaires, mais également à ceux des générations futures.

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3 Commentaires

la virtualization est surement une premiere reponse a ce probleme...ESX de VMWare propose une solution de virtualization de server qui permet evidement d'utiliser moins ressource hardware....a suivre..

Soumis par Hadrien Chaufourier (non vérifié) - le 20 juillet 2008 à 11h55

Ne pas considérer la question énergétique, reviens à nier l'avenir ...Considérer que ce qui suivra sera le problème des autres ...Or la tendance actuelle est avant tout de faire ensemble...

Soumis par Arnaud VELTEN (non vérifié) - le 10 septembre 2008 à 06h39

Les consommations énergétiques de l'IT, a fortiori celles de data center, ont un effet de sensibilisation louable au "green". Une grande marge de progression facilement accessibles: des consommations divisées par 2 ou 3 en faisant un peu d'ingénierie de climatisation et du - toujours utile -decommissioning.
On pourrait également parler de l'approche - nouvelle - sur l'organisation du cycle de vie des équipements. Un vrai sujet à remettre à plat avec ses fournisseurs.
Mais au dela de ces sujets qui ont le mérite de poser le problème sous une forme lisible, nous pensons que la "responsabilité d'entreprise" du DSI est un authentique sujet de management.
Plus d'info sur www.sense-mc.com

Soumis par François RABASSE (non vérifié) - le 17 septembre 2008 à 07h09

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