Internet pour les entreprises : vers la fin des opérateurs alternatifs ?

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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10 avril 2002 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

L’interrogation peut paraître osée, puisqu’il existe encore aujourd’hui une dizaine d’opérateurs BLR (Boucle Locale radio) et DSL (Digital Subscriber Line) sur le territoire français...

L’interrogation peut paraître osée, puisqu’il existe encore aujourd’hui une dizaine d’opérateurs haut-débit, BLR (Boucle Locale radio) et DSL (Digital Subscriber Line), sur le territoire français. Mais la plupart des « petits » opérateurs, souvent qualifiés d’alternatifs, se sont fait racheter ou sont en phase de l’être. Ceux qui espéraient tirer rapidement profit de l’eldorado annoncé du haut-débit, se trouvent donc en grande difficulté. Après le redressement judiciaire de l’opérateur BLR Landnet, les rachats des opérateurs Kertel, Fortel (actuel Squadran), Kaptech et Belgacom par LD Com, leur fournisseur de bande passante, Firstmark et Broadnet (opérateurs BLR) pourraient connaître le même sort que leurs concurrents. Le groupe Suez poursuit des discussions avec LD Com sur le rachat de Firstmark, alors qu’Altitude Télécom (opérateur normand) pourrait racheter Broadnet, ainsi, peut-être, que la licence de Landnet en Ile-de-France. La forte implantation régionale d’Altitude Télécom ferait de lui un survivant exceptionnel dans le monde de plus en plus fermé des « petits » opérateurs. De fait, le succès des opérateurs sur le marché du haut-débit reste soumis à de très fortes contraintes. Outre la lenteur sidérante du dégroupage constaté par l’ART (aujourd’hui seulement 0,1 % des lignes France Télécom seraient dégroupées), les freins inhérents au marché des entreprises (méconnaissance des enjeux du haut-débit, faible perception des avantages concurrentiels de l’Internet, poursuite de la réduction des coûts informatiques et télécoms…) retardent les ambitieuses prévisions de retour sur investissements, calculées dans les Business Plans des opérateurs.Faut-il en conclure que les plus petits sont nécessairement voués à disparaître ? La concentration en cours va s’accentuer, et seules quelques grandes marques devraient survivre sur le segment de l’accès Internet à haut-débit. L’Internet des entreprises semble cependant sortir de sa première enfance. Son usage généraliste est progressivement délaissé au profit d’une utilisation ciblée sur les Intranets et les Extranets. Ces domaines d’utilisation spécifique sont sans doute l’avenir des télécoms et des services liés autour d’eux.Des acteurs verticaux (hébergeurs dédiés, opérateurs de VPN, SSII…) arrivés suffisamment tôt sur ce marché, bénéficiant d’une reconnaissance marketing et commerciale, ainsi que d’une technologie et d’un savoir-faire vraiment compétitifs, pourraient survivre aux grands acteurs (France Télécom, Colt, Worldcom). Sans doute seront-ils les derniers à pouvoir porter l’étendard des "petits acteurs alternatifs", malgré la mauvaise santé des grands, sur-endettés ou encore loin de leur point d’équilibre. L’Atelier reviendra sur le sujet, avec une étude à paraître consacrée au positionnement des opérateurs sur le marché français des services Internet.

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