Internet sans Frontières : l'idée est-elle toujours valable ?

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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27 mars 2006 Laisser un commentaire
Mots-clés : Asie-Pacifique

Plus de 10 ans après son ouverture au grand public, avec plus d'un milliard d'individus connectés dans le monde entier à son réseau, grâce à ces puissantes et multiples capacités d'échange et de...

Plus de 10 ans après son ouverture au grand public, avec plus d’un milliard d’individus connectés dans le monde entier à son réseau, grâce à ces puissantes et multiples capacités d’échange et de communication, Internet a créé en une décennie une sorte de planète dans la planète qui abolit beaucoup de frontières.
 
Celle des communications, grâce aux emails, aux bas coûts de la voix sur IP, et surtout aux cyber-café présents dans beaucoup de grandes villes du globe offrant aux familles géographiquement éclatées la possibilité de se voir et de se parler, avec des Webcams. Sur ce thème, pour ceux qui ne connaissent pas les actions de l’ONG française Télécoms sans Frontières, à écouter son interview dans « l'Atelier numérique » lors de son déplacement en Asie du Sud-Est après le Tsunami.
 
Avec l’arrivée de jeunes entreprises Internet rapidement devenues leaders sur leur secteur (e-Bay, Google, Yahoo…), les frontières business ont été et restent ouvertes à ceux qui ont le talent de donner suite à leurs innovations. Même constat pour les tâches administratives : grâce au remplissage et à l'envoi en ligne, les frontières du temps et de l'espace sont ici bien assouplies. Avec les blogs, les frontières éditoriales se sont aussi largement ouvertes.
 
Tout cela est bien, mais de grandes frontières Internet subsistent qu'elles soient technologiques, géographiques, économiques ou générationnelles. La semaine du 20 mars fut à cet égard symbolique de cette dualité.
 
Côté ouverture, c'est l'annonce d'un "Internet accompagné" (pack ordinateurs + connexion Internet + 4 heures de formation) à destination des 49 % de foyers français qui ne possèdent toujours pas d'ordinateur. Cette absence s'explique par des raisons économiques, mais une partie de ces foyers (43 %) estime simplement que "c'est trop compliqué". Lancé par la Délégation aux usages d'Internet, qui a déjà un beau succès à son actif (celui du Micro portable pour un euro), ce projet d'accompagnement pourrait générer des centaines d'emplois et de nombreux amateurs du Net. On ne peut que le souhaiter.
 
Côté fermeture, ce sont les conséquences de la loi Dadvsi. D'une part, parce que l'esprit de cette loi est jugé par beaucoup plus en faveur des Majors du disque que des "internautes modérés", ceux qui payent de la musique en ligne mais la téléchargent aussi parfois gratuitement pour l'écouter.
 
D'autre part, parce que les crispations d'Apple en matière d'interopérabilité des systèmes et des formats d'écoute ne laissent pas présager du meilleur. Les optimistes parlent "d'écosystème vertueux entre une plate-forme de téléchargement et des baladeurs d'une même marque", les plus critiques évoquent "un système fermé construit afin de générer des revenus, mais certainement pas pour le bien de l'ensemble des amateurs de musique en ligne !"
 
Quelle que soit son opinion, la guerre des standards, des systèmes multiples, des versions inlassablement nouvelles, contribue à complexifier les marchés au profit de versions libres qui tablent sur l'ouverture des frontières Internet. Un avantage légitime puisque ces dernières s'avèrent, face à ces restrictions, nettement plus efficaces !
 
Jean de Chambure
Rédacteur en chef

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