Le Japon continue de dessiner l’avenir de la téléphonie mobile

Jean de Chambure

Jean de Chambure

Directeur du Conseil Asia

L'Atelier Asia

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02 septembre 2004 Laisser un commentaire
Mots-clés : Asie-Pacifique, Europe

L’empire du soleil levant porte décidemment assez bien son nom. Après avoir développé avec succès les fameux téléphones « I-mode » donnant accès à Internet, au nez et à la barbe des opérateurs...

L’empire du soleil levant porte décidemment assez bien son nom. Après avoir développé avec succès les fameux téléphones « I-mode » donnant accès à Internet, au nez et à la barbe des opérateurs européens qui s’acharnaient dans le même temps à commercialiser des téléphones WAP, quatre ans plus tard, les opérateurs de téléphonie japonais continuent de surprendre. Si la Chine bat tous les records nationaux de mass market en frisant les 300 millions d’abonnés à la téléphonie mobile, c’est toujours du Japon que se dessinent les prochains services de nos téléphones portables. La preuve ? Trois secteurs attestent de cette capacité d’innovation incomparable.En premier lieu, la photo et la musique. Le chiffre d’affaires généré par les I-mode s’explique en partie par des applications comme les photos numériques prises puis envoyées par téléphone (marché encore émergent en Europe), ainsi que le téléchargement de sonneries. Ce service récemment devenu lucratif en Europe, l’est depuis l’année 2000 au Japon, notamment grâce à l’offre « Chaku-melo » de KDDI, le concurrent direct de NTT DoCoMo.Lorsque majors et acteurs de la téléphonie mobile européens mettent progressivement en place des partenariats, KDDI commercialise depuis deux ans au Japon un système dé téléchargement d’extraits musicaux (plus de 100 millions d’extraits déjà téléchargés !), et va lancer en 2005 un vrai service de téléchargement de musique en ligne pour ses téléphones. Côté constructeurs, Toshiba est dans les starting blocks pour lancer son mini disque dur pour téléphones portables munis de lecteur MP3… Devant atteindre 7 milliards d’euros en 2005, le m-commerce* est par ailleurs en plein développement au Japon. Les biens immatériels (réservations, sonneries…) représentent aujourd’hui l’essentiel du marché, mais ils devraient progressivement laisser une place à l’achat de biens concrets grâce à l’arrivée des nouveaux téléphones « portefeuilles » lancés par NTT DoCoMo. Munis de carte à puce Sony (« Felica ») et d’un lecteur infrarouge de code barre, ces derniers devraient jouer un rôle dans le développement du m-commerce, et peut-être devenir une télécommande universelle pour la maison communicante ?Troisième nouveau service : accès Internet mobile illimité ! Lancé en novembre dernier par KDDI, c’est devenu en quelques mois un vrai succès : pour 35 € par mois, l’opérateur offre un accès haut débit illimité à l’Internet, via son téléphone portable 3G. Constatant avec surprise le succès de l’offre de son concurrent, NTT DoCoMo a réagi en juin dernier en lançant une offre similaire pour 30 €/mois. Plus d’un million d’abonnés ont déjà souscrit à l’offre notamment pour regarder leurs émissions TV ! De quoi susciter l’appétit des opérateurs mobiles européens qui lancent des offres 3G (UMTS)… Un risque toutefois. Et si la voix sur IP venait aussi à se développer sur les téléphones mobiles de 3ème génération ?Jean de ChambureRédacteur en chefA noter sur ce sujet que notre partenaire éditorial Jap’Press organisera au mois de novembre un événement sur les retours d’expériences mondiaux en matière de m-marketing issus de la 3G.

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