L'avenir de l'entreprise passe par le télétravail !

Philippe Planterose

Philippe Planterose

Président

AFTT (Association Française du Télétravail et des Téléactivités)

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20 mars 2008 Laisser un commentaire

"Le télétravail n'est pas l'avenir de l'entreprise", peut on lire dans un article de L'Atelier en accord avec l'avis de Claude Riveline. Pas d'accord !

Par Philippe Planterose, président de l'AFTT (*)
Dans ce papier; le professeur Claude Riveline écrit : "Avec le télétravail, on n'a plus de visage. L'individu est réduit à son seul résultat"et plus loin"c'est une profonde bêtise de penser que le télétravail est l'avenir de l'entreprise". Cela me rappelle - ce devait être en 1994 ou en 1995 - qu’un visiteur de L'Atelier avait osé dire : "Internet, baf ! le web n’a qu’un seul avenir : la publicité !". On voit aujourd’hui ce qu’il en est advenu. De la même manière, ce cher professeur n’a toujours pas compris que les TIC font du télétravail l’avenir de nos entreprises et de nos salariés. Pourquoi ? Il fait sauter deux contraintes : l’obligation de se rendre sur le lieu de travail de l’employeur et celle de s’y rendre à ses heures d’ouverture. Nous basculons du monde industriel au monde nomade et numérique. Dans celui-ci, les salariés vont pouvoir - enfin ! - travailler non plus en fonction de l’organisation, mais selon ce qui correspond directement aux missions et aux tâches nécessaire à la réussite de l'entreprise.
Les salariés, des enfants à surveiller ?
Cette mutation demande l'accroissement de l’autonomie, de la responsabilité individuelle et collective. Sans oublier un usage intensif du collaboratif (téléphone, visioconférences, chat, ...). Au point que le système de management industriel va se trouver largement supplanté par celui que l’on nomme "management collaboratif par projet sur objectif client". Nul doute que le salarié, à l’image de certains cadres d’aujourd’hui, saura s’il faut venir où non dans les locaux de l’employeur et choisir son temps de travail en tenant compte des impératifs liés à sa mission, à ses tâches et à sa fonction. Pourquoi alors considérer, comme certains professeurs et dirigeants, que les salariés sont des enfants à surveiller, à contrôler, à tenir en classe dans leurs locaux ? Ils oublient simplement que le travail est devenu coopératif et collaboratif et que c’est ce dernier qui donne le résultat. Il serait d’ailleurs capital que le "savoir travailler" en mode collaboratif soit lui aussi enseigné dans le monde scolaire.
Amélioration de la productivité individuelle et collective
Car pour les salariés, les conséquences de la mise en place du télétravail sont sans appel : réduction du stress du aux déplacements "domicile – travail" et au temps contraint, possibilité de mieux organiser leur vie de travail et leur vie de famille, maintien en activité des seniors, rééquilibrage de l’égalité homme-femme face au travail et aux promotions, et j'en passe. Quant aux entreprises, elles ne sont pas en reste : amélioration de la productivité individuelle et collective, diminution relative des frais des locaux, amélioration des rapports humains, réponse aux pandémies et aux grèves de transport, adaptabilité à la mondialisation, etc. Monsieur le Professeur, ouvrez les yeux ! Vous pouvez regarder le monde qui change au travers d'une jumelle, soit dans le bon sens, soit dans le mauvais sens et dans ce cas, je vous laisse à vos chères études.
(*) Association Française du Télétravail et des Téléactivités

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