L'entreprise 2.0 doit-elle être ludique ?

Anthony Poncier

Anthony Poncier

Associé et «social business director» EMEA

Publicis Consultants Net Intelligenz

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01 avril 2011 Laisser un commentaire

Si à l'origine le jeu ne semble pas concorder avec l'univers professionnel, les initiatives se multiplient, pour attirer de nouveaux entrants comme motiver ses troupes.

Le monde du travail ne fait pas penser à l’idée de jeux, et le fait de jouer ou de s’amuser semble plutôt antinomique avec cet univers. Et ce, sans forcément renvoyer à l’origine du mot travail qui peut sembler excessif (mot issu du latin populaire tripaliare, signifiant "tourmenter, torturer avec le trepalium"). Pourtant lorsque que Lockheed Martin lance son réseau interne Unity, le but est de casser le cercle infernal mail, réunion et slides. Et d'essayer à ce que ses collaborateurs puissent "avoir du fun". Ce côté ludique est déjà présent à travers la présence de serious game, comme à BNP Paribas, où dans le cadre de l’intégration des nouveaux entrants, le jeu StartBank the Game, est un moment clef du début du parcours d’intégration. Mais ce cas n’est pas isolé, avec AXAqui entraîne ses forces de vente par le même biais ou Orange pour ses téléconseillers qui les entraîne de la même manière pour faire évoluer leur approche de la relation client.

Une volonté des entreprises d’inclure du ludique

Si on est là dans du pédagogique, cela peut aussi servir de moyen de communication. Ainsi Sena, un "serious game" développé par USEO, permet de sensibiliser et d'évaluer le niveau de pratique des salariés au travail collaboratif. Au travers d’un scénario ludique dans une entreprise, l’utilisateur évalue son appropriation des concepts et son niveau de pratique.  L’objectif final étant d’aider les porteurs de ces démarches dans l’entreprise, en leur fournissant un levier pour faciliter la sensibilisation. Cette approche ludique semble être une des tendances des réseaux sociaux d’entreprise pour l’année à venir. Dans une autre banque, il a été demandé à l’éditeur de la solution de réseau social d’entreprise de développer une application "ludique" afin d’accélérer l’appropriation et la découverte de cet outil.

Des plates-formes qui vont dans ce sens

Certaines plates-formes comme Dimelo, Jive ou Telligent par exemple, souhaitent créer de l’émulation par un mécanisme de reconnaissance à travers un principe de scoring ou de badges. Ces derniers sont calculés à partir de l’activité (qualitative et quantitative des membres) et visent à récompenser les plus gros contributeurs par des badges/grades, voir calculer une expertise. Certaines montrent aussi dans les espaces de travail les contributeurs les plus actifs, on revient vers une côté émulation et "hall of Fame" des jeux vidéo. Les questions qui en découlent son au moins doubles. Comme le disait Napoléon en inventant la légion d’honneur, « c'est avec des hochets qu'on mène les hommes ». Ces « hochets » seront-ils suffisants pour entraîner une collaboration active ? Qui dit jeux dit score et donc évaluation potentielle. Les RH peuvent elles laisser une plateforme évaluer pour elles l’expertise d’un collaborateur ?

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