L'expertise ne se calcule pas au nombre de publications !

Louis Treussard

Louis Treussard

CEO & Directeur de la prospective

L'Atelier BNP Paribas

En savoir plus sur l'auteur

29 novembre 2010 Laisser un commentaire
Mots-clés : Europe

Se constituer une identité numérique pourrait devenir une obligation en entreprise, au risque de faire oublier les expertises de la majorité silencieuse.

Nous venons de traiter le sujet du personal branding lors de notre premier Théma. J'aimerais continuer le débat avec vous en abordant un effet pervers possible que les professionnels doivent surveiller. Le personal branding en tant que moyen de promotion et de valorisation de l’image de l’entreprise et d’auto promotion de ses représentants mandatés est une nécessité aujourd’hui. Et c'est une belle opportunité pour stimuler les patrons d’entreprises à s’immerger dans le web social et participer à l’humanisation de leur entreprise. Mais qu'en est il des autres acteurs de l’entreprise ? Ces acteurs nombreux et anonymes que l'on nomme collaborateurs, et qui sont à l’origine du "web social". Ces utilisateurs des plates-formes de communication avec leurs collègues de bureaux, leurs amis… Pour la majorité d'entre eux, l'activité sur le web n'est pas à l'origine motivée par une recherche de valorisation, mais tout simplement par la volonté d'utiliser des outils d'échange leur simplifiant la vie !

Quid des avantages ?

Des photos, des rencontres, des faits et histoires de la vie quotidienne, des perles du net partagées, voilà majoritairement les échanges du quotidien, la pause café sur la Toile… C'est sur cela et sur eux que se porte toute l’attention des annonceurs et des agences de publicité. Le phénomène du personal branding ne serait-il pas une conséquence de toute cette attention ? Vous avez besoin de moi pour contribuer à l’humanisation de votre société, à la construction de la marque, à l’adhésion et la prescription de vos produits et services, vous étudiez mes usages, ma consommation, pour améliorer vos offres et développer votre business. J’en suis heureux pour vous mais moi dans tout cela ?

Une activité qui ne convient pas à tous

Vous m’obligez à me construire une identité numérique, paraître le plus beau, le plus intelligent, le meilleur consommateur, le meilleur collaborateur, le meilleur futur employé, l’ami Ricoré, le G.O. du web. Ces objectifs vont devenir toujours plus consommateurs de temps et d’énergie. Objectifs virtuels qui s'ajoutent aux attentes bien réelles de la société : capacité à réfléchir, fédérer, accompagner, conseiller, faire, produire. Tout le monde n’a pas la capacité, ni le temps, de se construire une identité numérique. Cela n’enlève en rien à ces collaborateurs de leur aptitude à répondre aux attentes d’une entreprise, d’un employeur, d'actionnaires. J'admets qu'il est intéressant de juger les émetteurs-récepteurs du web à leur activisme. Mais il ne faudrait pas pour autant appliquer ces critères à tous les types de profils, ou même laisser les salariés à d'antiques - qui a dit archaïques - systèmes d'évaluation et de valorisation.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas