L'informatique d'entreprise reste un marché à haut potentiel

Philippe Cases

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22 octobre 2007 Laisser un commentaire

Les acquisitions et les introductions en bourse qui se sont déroulées cette année montrent que l'investissement dans les éditeurs de logiciels professionnels peut encore rapporter gros.

De mon point de vue, 2007 est une bonne année pour les investisseurs qui sont restés attachés aux logiciels d'entreprise. Ce, malgré les Cassandre qui affirmaient que ce domaine se recroquevillait. Le nombre d'introductions en bourse et de fusions & acquisitions a d'ailleurs augmenté significativement. Et le ratio de price to revenue (court de bourse divisé par le revenu par action) a été assez haut pour les entreprises qui se sont concentrées sur le modèle « à la demande » ou ont adopté une approche open source. Ce résultat – que je n'avais pas initialement espéré en 2007 - est dû essentiellement à la combinaison de trois tendances à long terme qui ont donné leur fruit au même moment. Une est technique - la virtualisation -, alors que les deux autres sont plus des innovations de business model liées justement au "on demand" et à la communauté du logiciel libre. 
MySQL et SugarCRM s'intéressent à la bourse
Le secteur de la virtualisation a connu une IPO (VMWare) et une acquisition (XenSource acheté par Citrix pour 500 millions de dollars). VMWare est l'archétype de la croissance vertigineuse du domaine : l'entreprise a vu son chiffre d'affaires passer de 0 dollars en 1998 à 100 millions en 2003 quand il a été acheté par EMC et maintenant à plus d'un milliard ! Quant au "on demand", il émerge comme un modèle viable. Depuis le début de l'année 2007, de nombreuses entreprises positionnées sur la vente de services sur Internet se sont introduites en bourses, suivant les pas de WebEx (repris par Cisco) et de Salesforce.com. Et l'open source ? Je peux citer Jboss, qui s'est fait acheter par Red Hat en 2006, XenSource et Zimbra qui ont été acquis respectivement au dernier trimestre par Citrix (500 millions) et par Yahoo! (385 millions). Ces valorisations sont bien au-delà de ce qu'on l'on concevait comme raisonnable auparavant. Et le meilleur est encore à venir avec MySQL qui parle d'être coté, et SugarCRM qui suit le même chemin.
Cisco et Yahoo! courtisent les jeunes pousses
Tous les indicateurs prévoient des valorisations de sortie plus hautes pour les entreprises innovantes du domaine, soit via des IPO, soit via des processus de fusion/acquisition. Les fournisseurs à la demande sont assez bien valorisés avec un price to revenue moyen multiplié par 8,5 en 2007, selon Pacific Crest (David Spitz). Les nouveaux entrants comme Omniture ont été bien accueillis par l'écosystème lié aux introductions en bourse, alors même que ces entreprises ne sont pas encore profitables. En plus des marchés financiers, les cinq fournisseurs habituels – HP, IBM, SAP, Oracle et Microsoft - ne sont plus seuls à courtiser les start up logicielles en démarrage. Cisco et Yahoo sont entrées dans la danse et bientôt Google fera de même. Une compétition plus intense aidera à effacer le rabais traditionnel que subissent les entreprises du secteur logiciel depuis l'éclatement de la bulle Internet. Des perspectives de gain plus significatives devraient rendre le logiciel d'entreprise plus attirant pour les investisseurs et les entrepreneurs potentiels qui l’avaient déserté pour de plus vertes prairies comme le Web 2.0 ou les technologies propres (cleantech). Et, par là même, stimuler l'innovation dans le domaine.
Philippe Cases, partenaire chez Partech International

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