L'interactivité redéfinit l'attitude du public face à l'oeuvre

Sophie Maurice

Sophie Maurice

Chargée de communication

Entité Image Corporate et Evènements de BNP Paribas.

En savoir plus sur l'auteur

07 novembre 2007 Laisser un commentaire

Au Musée d'Art Contemporain du Val de Marne, Shilpa Gupta nous transforme en marionnette virtuelle pour nous faire entrer dans un théâtre d'ombre.

Par Sophie Maurice, chargée de communication au sein de l'entité Image Corporate et Evénements de BNP Paribas.
Première artiste en résidence au MAC VAL, Shilpa Gupta, présente une installation interactive, dans le nouvel accrochage de la collection permanente. Cette artiste indienne nous propose de prendre part à un jeu d’ombre et de lumière dans lequel nous nous devons de devenir acteur. D'habitude, je trouve stressantes les installations où nous, public, devons participer physiquement à l’œuvre. Notre attitude d’habitude contemplative est remise en cause, il faut se faire violence et jouer un rôle pour accéder à l’œuvre. Ici, le dispositif se présente sous la forme d’une salle où l’on entre à 7 au maximum, pas de place pour les curieux qui voudraient juste jeter un coup d’oeil. Placée devant un mur blanc d’où émane une lumière diaphane, un sentiment d'inquiétude plane dans la pièce, je n’ose pas bouger de peur d’enclencher un quelconque mécanisme. Au bout de quelques instants nos silhouettes se matérialisent en ombre chinoise devant nos yeux.
Des corps filmés et détourés

Notre corps, notre image se retrouvent propulsés dans une scène de théâtre. Pour s’assurer qu’il s’agit de sa silhouette, chacun se met à agiter les bras, le corps entier et les jambes pour les plus dégourdis. C’est à partir de ce moment là que l’action commence, des capteurs détectent notre présence et une ligne nous relie au haut de l’écran comme une marionnette. En fait, ce que nous voyons ne sont pas des ombres chinoises, mais nos corps filmés et détourés par un logiciel. Grâce à ce film quasi instantané, une action spécifique est lancée pour chaque personne présente. Divers objets descendent le long de la corde, des morceaux de lego, des instruments de musique. On a l’impression que plus on essaie de s’échapper plus les objets qui s’agglutinent à nos silhouettes arrivent vite. Au fur et à mesure la scène se remplit pour finir par regorger d’un amas d’objets. Nos silhouettes sont englouties, et la scène finit par ressembler à une décharge.

Une complicité se crée entre visiteurs

Nous  participons à une course à la consommation qui finalement nous submerge. Après avoir dépassé le stade de l’appréhension, j’avoue m'être vraiment amusée dans cette installation. Une certaine complicité se crée avec les autres visiteurs avec qui j’ai partagé cette aventure. L’interactivité en temps réel, l’échange entre l’œuvre et le public est vraiment bien maîtrisée, sans être une mécanique complexe, elle se révèle d’une grande efficacité. On prend du plaisir et on en retire une certaine satisfaction. L’image du visiteur est valorisée car elle s’inscrit dans l’œuvre le temps d’un instant fugace et pour une unique re-présentation. Shilpa Gupta nous propose de partager une expérience qui prend du sens grâce à notre action. C’est agréable que les artistes nous offrent la possibilité d’abandonner notre attitude statique et silencieuse, adoptée presque instinctivement lorsque l’on arrive au musée, et nous invite à vivre l’œuvre.  

L’Atelier groupe BNP Paribas

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas