L'Internet des objets doit encore apprendre à interpréter

Philippe Gautier

Philippe Gautier

dirigeant de business2any et auteur du livre "L'Internet des objets... Internet mais en mieux" aux éditions afnor

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19 mars 2010 1 commentaire

Sans intelligence logicielle associée opérant à un niveau subsidiaire pendant leur cycle de vie, les objets ne pourront catalyser de nouveaux usages. Le web sera le véhicule de cette intelligence d'un système à l'autre.

Par Philippe Gautier, dirigeant de business2any.
Je vois souvent l’Internet des Objets être défini comme un réseau étendu où l’information liée à l’identification et au cycle de vie des objets physiques est récupérée, stockée ou distribuée, créant ainsi un pont entre réalité et cyberespace. L’objet y est donc producteur, vecteur ou utilisateur d’information, selon les visions développées. Mais à mon sens il n’exerce pas ces rôles avec le même succès. Selon le contexte, un humain sait donner du sens à une information et construire en retour un comportement adapté en fonction des objectifs qu’il poursuit. "Il pleut" n’a pas le même sens, selon qu’un individu entend se promener ou arroser sa pelouse. Le cadre de l’usage qu’il fait de l’information, ce sont ses finalités. Ce n’est pas le cas des applications associées aux objets, incapables d’interpréter ou d’utiliser cette information - toujours formatée - autrement que dans le cadre de finalités ou d’automatismes prédéfinis : causes/effets.
Un handicap ?
L’Internet des Objets est donc, en l’état, incapable de générer de nouveaux usages ou créer de nouvelles valeurs économiques, ne sachant pas traiter la sémantique des informations, intégrer ou générer par lui-même de nouvelles finalités ou évolutions et fabriquer de nouveaux comportements. Si nous donnons aux objets la capacité logicielle d’être des acteurs autonomes, c'est-à-dire pouvoir s’auto organiser et intégrer de nouvelles finalités, savoir interpréter toute information -forme, fond- puis décider, agir ou reporter en conséquence, alors nous sortirons des cloisonnements actuels. Par exemple, aujourd’hui, les seuls automatismes dont dispose mon compteur électrique sont ceux qui sont dispensés par  mon fournisseur, dans son seul intérêt (approche verticale et propriétaire).
Et pourtant…
En lui associant cette nouvelle "intelligence", il devient capable de piloter - sous mon contrôle - son propre partage. Et de catalyser les usages potentiels qu’en feront d’autres acteurs qui poursuivent leurs propres objectifs : il me permettra d’agir sur ma consommation, d’anticiper une dépense. Aidera ma mairie à anticiper les besoins en équipements collectifs. Assistera mon fournisseur d’énergie dans sa facturation et la planification de sa production. Suggèrera à son concurrent d’établir un devis. Informera l’agence immobilière sur le montant des charges… Selon moi, l’intelligence logicielle associée à ce compteur doit - pour être interopérable - être agnostique d’un point de vue technique (nommage, protocole, programmation) et se baser sur une représentation standardisée de la structure interne et des comportements (interactions). C’est aujourd’hui possible, alors pourquoi ne pas le faire ?

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1 Commentaire

Merci pour cet article intéressant.

Cependant je ne comprend pas en quoi les objets seraient capables dès aujourd'hui de "comprendre" leur contexte et les comportements humains ?

Soumis par GGcc (non vérifié) - le 29 juin 2011 à 22h54

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