Les logiciels libres sont des logiciels ! Et doivent être gérés comme tels

Pierre Bosche

Pierre Bosche

Directeur mondial du Conseil en technologies d'Accenture pour le secteur de la finance

Accenture

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24 mars 2010 1 commentaire

L'utilisation de l'open source en entreprise doit faire partie d'une stratégie logicielle bien réfléchie et nécessite la disponibilité de compétences techniques et juridiques pointues.

Par Pierre Bosche, Directeur mondial du Conseil en Technologies d’Accenture pour le secteur de la Finance
Qualité, flexibilité, contrôle et indépendance vis-à-vis des fournisseurs comptent parmi les principales qualités des logiciels libres. Au-delà de ces atouts, c’est souvent la perspective d’une réduction des coûts qui incite les entreprises à envisager l’open source. Reste qu'à défaut de mettre en place une stratégie définissant clairement l’intérêt de l’open source pour leur activité sur le long terme, de nombreuses sociétés adoptent les logiciels libres au gré des opportunités qui se présentent, dans le cadre de projets ponctuels. Avec cette approche, les coûts induits par le développement des compétences et l’organisation de la filière de production excèdent parfois les économies dégagées. Ainsi, l’utilisation de composants open source exige à mon sens de la société utilisatrice de solides compétences techniques, de même qu’un effort de test et d’intégration accru. Ces logiciels ne sont accompagnés d’aucune garantie de compatibilité avec les autres composants du marché et chaque évolution nécessite donc des tests techniques et fonctionnels approfondis.
Envisager des planifications
Si des problèmes de compatibilité apparaissent, c’est à l’utilisateur de trouver une solution qui n’est pas toujours disponible sur le marché. D’autre part, la propriété de ces logiciels dits libres peut être questionnée. Dans un tel cas, la société utilisatrice se trouve confrontée à des parties en réclamant la propriété et les droits qui y sont attachés. Il faut donc bien mettre en balance le fait de payer des licences et la maintenance associée qui offre de nombreuses garanties (compatibilité, droits de propriété, mises à jour régulière), et l’utilisation de logiciels libres sur lesquels l’entreprise va devoir assumer l’ensemble des responsabilités. Autre problème : la gestion de l’open source ne fait pas suffisamment l’objet de planifications. Cette absence de structures de gouvernance au sein des services informatiques constitue un facteur de coûts supplémentaire.
Des logiciels comme les autres
Cette carence est problématique quand des dizaines de chantiers sont concernés et que le déploiement des logiciels libres s’effectue en toute anarchie - sans règles ni procédures d’achat cohérentes, et sans attribution de responsabilités clairement définies pour assurer la maintenance des différents composants en production.  Pour libérer pleinement leur potentiel, les logiciels libres doivent s’inscrire dans une stratégie (externalisation, optimisation du portefeuille applicatif ou encore migration de l'infrastructure en place) qui prend en compte la totalité de l'environnement de l’entreprise. L’utilisation de l’open source est une idée intéressante mais requiert des compétences et une attention accrue de la société utilisatrice. Les logiciels libres se distinguent sur de nombreux points, mais quand on touche au système d’information de l’entreprise, ils doivent être traités comme tout autre logiciel.

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1 Commentaire

Bonjour,

je ne comprends pas très bien en quoi le fait qu’un logiciel soit open source ou non puisse avoir un effet quelconque sur une éventuelle garantie de compatibilité avec les autres composants du marché ? Merci de préciser clairement comment vous arrivez à cette conclusion ?

Vous dites ensuite qu’avec un logiciel open source, c’est forcément à l’utilisateur de trouver des solutions si des problèmes de compatibilité surviennent. Bien. Je tournerais cela autrement : si des problèmes de compatibilité surviennent, l’utilisateur a la possibilité de trouver des solutions. Est-ce le cas avec des logiciels à sources fermées ?

Pouvez-vous m’expliquer sur quoi vous vous fondez pour croire ou laisser croire qu’on ne peut pas souscrire de contrat de maintenance concernant du logiciel libre ? Encore une fois, il n’y a aucune relation logique entre « logiciel libre » et la possibilité ou non de souscrire à un contrat de maintenance ! D’autre part, retournons de nouveau le problème : je suis certains qu’en cherchant un tout petit peu, et en adoptant une attitude critique vis à vis de ce que vous venez d’écrire, vous parviendrez à trouver une multitude de logiciels propriétaires pour lesquelles aucune possibilité de contrat de maintenance n’existe.

À part ces quelques affirmations peu étayées voire inexactes qui déservent votre propos, et surtout introduisent un sentiment d’insécurité totalement non fondé (FUD), je suis assez en accord avec ce que vous tentez d’exprimer dans cet article : à savoir qu’on ne doit pas improviser une migration ou une installation, quelle qu’en soit la nature, sans un minimum de réflexion. Effectivement : un logiciel libre est un logiciel comme un autre. À une différence près. Il est libre. Mais une grande partie des problèmes que vous soulevez est plus liée à une mauvaise organisation des entreprises concernées, qu’au fait que les logiciels concernés soient libres.

SincèrementMatthieu, précision (sans juger sur le fond) : ce que vous appelez un article est en fait une chronique.
La différence ? La chronique n'a pas à être juste, elle reflète un avis. Après, pour la réputation du chroniqueur, il est préférable que la chronique soit juste, mais c'est autre chose :,)
Cordialement,
Renaud Edouard-Baraud, de L'Atelier

Soumis par Matthieu Dubuget (non vérifié) - le 31 mars 2010 à 13h09

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